mercredi 3 avril 2013

Affaire Cahuzac.

          Plus haut, dans ce blog, je me suis élevé contre la nomination de Jérôme Cahuzac comme Ministre délégué au budget. J'avais même appelé cela une "erreur de casting". La raison de cette opposition en était que cet homme n'était pas résolu à réaliser cette grande réforme fiscale telle que l'avait imaginée Thomas Piketty dans son livre "pour une révolution fiscale", livre co-écrit avec C.Landais et E.Saez. Cette réforme eût été une vraie révolution apportant clarté et lisibilité par tous, de ce code des impôts qui actuellement reste un inextricable ramassis de dédales et labyrinthes agrémenté de plus de 500 niches bénies, véritables cadeaux pour les riches qui ,eux, savent et peuvent les exploiter.

          Ce code n'a pas été simplifié par J.Cahuzac, au contraire, et le nombre de niches n'a subi aucune réduction notable. Cet ensemble obscur et mystérieux a toujours été considéré comme une bénédiction pour les officines faisant profession d'optimisation fiscale, vendant leur savoir faire aux riches et fortunés cherchant à frauder le fisc au nez et à la barbe de tous les ingénus qui pensaient que la complexité du code des impôts et ses niches était inévitable. Aujourd'hui , on voit que ce refus d'envisager une réforme profonde était voulue pour conserver à ce monument absurde, ses complexités et finasseries, et n'était que volonté de maintenir ce code fiscal à la lisibilité et exploitation exclusives des malins fortunés, trouvant là une astucieuse source de fraude et son blanchiment.

          Désolé, irrité, j'ai dû constater que la haute hiérarchie du PS, et le premier ministre de ce gouvernement n'aient pas imposé cette révolution fiscale immédiatement, en appelant au ministère du budget les hommes courageux et capables qui auraient pu, dès leur nomination , entreprendre ce travail de fond et d'assainissement rendant ce code des impôts lisible par tous et apte à garantir la juste contribution de chacun.

          Toute loi incompréhensible est vouée au contournement par les plus malins et les plus fortunés. C'est une règle fatale dont il faudrait nettoyer la République. Il y a là un domaine d'excellence pour le futur et déjà fameux "choc de simplification"….Mais, faut-il y croire ?….J'ai déjà parlé, à ce sujet dans ce blog, du mille-feuille administratif imbécile de la France, resté en l'état….Alors….Ne soyons pas naïfs…. Nous serons, là encore, déçus.!

mercredi 27 février 2013

Le socialisme néolibéral est-il cohérent ?

         Il n'y a plus de doute : le gouvernement Hollande- Ayrault se fourvoie et conduit la France vers toujours plus d'austérité et de rigueur, à la grande satisfaction des agences de notation, des "marchés", de la bourse, et de Madame Merkel. Celle-ci maintient sous sa botte une BCE rigide qui n'a pas le pouvoir de son homologue américaine, mais ne surveille que les risques de dévaluation monétaire de l'Euro , qui reste pourtant à un niveau insoutenable par rapport au Dollar. L'Allemagne reste assise sur son matelas d'excédent commercial : tout est très bien ainsi et l'Europe du sud peut bien crever , tout va bien !!!….Voilà comment Madame Merkel conçoit la solidarité en Europe. Elle promeut les égoïsmes nationaux et sacrifie l'épanouissement d'une citoyenneté Européenne qui se délite et se perd.

          Le gouvernement Français ferait bien d'observer avec soin ce qui se passe en Italie et le résultat de ses élections législatives du dernier week-end. Tout y démontre que le peuple commence à se révolter contre ces politiques de rigueur et d'austérité qui se renouvellent mais n'apportent aucune perspective d'amélioration économique, provoquant au contraire, toujours plus de déficits et l'aggravation de la dette souveraine. De grands économistes et parmi eux des prix Nobel, proclament et écrivent de plus en plus que la poursuite de ces restrictions ne peut qu'engendrer les plus funestes conséquences sociales et politiques. Rien n'y fait !!! Les journalistes-économiques, nouvelles stars, et les thuriféraires de la bourse et des "marchés" continuent à vanter les bienfaits de la rigueur, qui évidemment n'atteint jamais leurs salaires et leurs revenus….Que les classes populaires et les classes moyennes se débrouillent avec leurs angoisses et leur chômage! Cela est affaire subalterne et ne peut dévier de sa course et de son objectif , un socialisme dévoyé, devenu aveugle et néolibéral.

          Où sont les belles perspectives promises que l'on osait espérer :
- Une grande révolution fiscale lisible par tous contenue dans l'excellente étude de Thomas Piketty et ses amis ? Revoyons l'histoire de Roosevelt qui porta l'impôt des plus riches à 63%, puis à 79%. et se maintint à 70% durant 50 ans, jusqu'à Reagan.
- La grande interdiction de l'évasion fiscale dans les paradis fiscaux, qui selon des analystes dignes de foi se solderait chaque année par une perte de 40 à 50 Mds d'Euros , de quoi redresser nos comptes en deux ans .
- Tout le monde, experts et simples connaisseurs, s'accordent à penser qu'il n'y aura pas de sortie de crise sans un retour au plein emploi. Celui-ci peut s'entrevoir grâce à une évolution progressive et négociée du travail vers les 32h/sem. en 4 jours. ( certains ateliers pouvant fonctionner 5 ou 6 jours/semaine, par la rotation des équipes). Certaines Entreprises en Allemagne et en France ont déjà expérimenté cette solution.(Voir le livre de M.Rocard et P.Larrouturou," la gauche n'a plus le droit à l'erreur".)
- Et cette réforme bancaire si attendue,se limitant misérablement à séparer une partie infime, marginale, des activités spéculatives des banques. Cette décision a même fait se féliciter les banquiers avec leur impudence coutumière.

          Rien ne doit être interdit dans la recherche de solutions intelligentes. Le grand danger est dans la fermeture d'esprit des idéologues Conservateurs Allemands et Français qui, depuis Mme Thatcher et Bush, ont adopté la règle absolue du "There is no alternative". Leur capacité de réflexion s'est arrêtée là !!!…Cela fait très longtemps.... Le grand dommage est que l'on voit aujourd'hui cette sclérose de la raison atteindre les rangs des socialistes. C'est une très grande et désastreuse régression, démocratique et sociale, le pouvoir étant  lâchement abandonné à la finance spéculative.



mardi 12 février 2013

La Société Française va exploser.

           On n'en finirait pas de décrire les maux de la société Française d'aujourd'hui, tant ils sont nombreux et profonds. En cette matière, on se perd à ficher ceux qui sont les plus cruels ou les plus scandaleux, à leur affecter un ordre d'urgence en vue de leur correction. Ils sont tous inacceptables dans notre Société de grand Pays économiquement, culturellement, évolué, que l'on classe encore en cinquième position dans le monde, parmi les grands Pays.
          Disons simplement qu'une nouvelle aristocratie de l'argent, influente au point de dicter aux gouvernements ses volontés, traduites docilement dans les lois et les règlements, arrive à satisfaire son appétit de richesses en dénaturant profondément le fonctionnement de l'économie réelle, celle qui fait vivre les Hommes. Toute l'activité du Pays n'a plus qu'un but, nourrir la cupidité et l'égoïsme de cette nouvelle aristocratie, qui ne verront jamais de limites et s'accentueront au contraire jusqu'à entraîner la Société entière dans un effondrement global.
          Les richesses de cette aristocratie de l'argent se paient par des millions de chômeurs, de travailleurs pauvres, de sans abris, de familles sans ressources allant chercher leur nourriture dans les poubelles de supermarchés ou dans les invendus pourris des marchés. Ces richesses détournées ce sont encore des centaines de milliers d'enfants sans formation, sans espoir d'avenir digne, livrés aux risques des mauvaises tentations et des violences délinquantes, ce sont ces réussites du Pays que l'on appelait Services Publics, livrés aux appétits d'accapareurs qui en font ensuite des outils non plus de services pour tous, mais d'enrichissement personnel sans limite.
          A cette désespérance, à ce gâchis, les économistes , nouvelles stars des écrans, viennent exposer leur suffisance et les affirmations de leur pseudo-science, en affirmant que c'est ainsi que doit tourner le monde, puisque la "crise" l'impose, puisque la "finance" le veut, puisque le "système" l'oblige, et enfin, raison supérieure, parce que c'est ainsi que les "marchés" l'exigent.

          Mais enfin….qui sont ces gens : crise, marché, finance, système…. Comme nous le disait le candidat Hollande, dans son beau discours du Bourget, ils n'ont pas de nom, pas de visage, pas de patrie, mais ils gouvernent, ils règnent…. Eh bien, non ! Les responsables d'une telle entreprise de démolition sociale, doivent être connus ! Il faut que la presse les nomme , les photographie, nous les fasse connaître, nous montre leurs moyens de gouvernance, leurs complicités, leurs liens avec les paradis fiscaux et leurs arrangements avec le fisc, les politiciens, et autres puissances obscures que nous, pauvres citoyens ingénus ne savons même pas imaginer. Qu'enfin, la presse d'investigation fasse son travail et montre ces visages et ces noms de grands seigneurs repliés dans leurs beaux quartiers réservés, vivant entre eux, sereins, tranquilles, PDG de grandes sociétés internationales, de banques, de fonds d'investissements et de pension, et leurs gros actionnaires qui exigent des retours dépassant l'imagination, 12%, 15% et bien au-delà, dans une Europe où la croissance de son PIB plafonne à 1%.. Ces gens-là par leur dictature tuent la Démocratie, la République, ses principes, et tuent le "vivre ensemble". Ils sont spéculateurs, dépeceurs d'usines, qui préfèrent se servir aujourd'hui, plutôt qu'investir et innover pour demain. Ces parasites, sangsues, ne peuvent plus se prétendre nos compatriotes, eux qui n'ont qu'une patrie, l'argent. Eux, dont les richesses circulent librement dans le monde, sur tous les continents et ouvrent des filiales dans les paradis fiscaux avec lesquelles se font des transferts juteux et illégaux, côtoyant dans ces paradis l'argent de tous les trafics, de toutes les mafias.
          Ces gens-là, il faut les écarter, les empêcher de nuire, pour enfin restaurer la Démocratie et la République. Car ces gens-là sont néfastes. Ils ont réussi a apeurer les travailleurs, par les risques du chômage et de la précarité, ils les ont tellement bien convaincus de la fatalité de leur état, de l'inexistence d'aucune alternative, que le "chacun pour soi" a fini par gagner toutes les couches de la population, même les plus cruellement écrasées. Cette fatalité devient une règle de vie et de comportement, où les plus heureux se satisfont de n'être encore que menacés, mais pas encore touchés par cette grande faucheuse que l'on appelle la "crise" avec ses démons, les marchés, la dette, le déficit, la compétitivité, la précarité, le chômage, l'expulsion du logement, la honte, la mort sociale, puis, la mort tout court.

          Combien de Français ont à l'esprit ces chiffres effrayants : 5.200.000 demandeurs d'emploi (toutes catégories) inscrits à Pôle-Emploi fin octobre 2012. Sans compter les 275.000 demandeurs d'emploi des D.O.M., ni les 230.000 dispensés de recherche d'emploi, et les 600.000 RMIstes au chômage mais en fin de droits. !!!…( chiffres recueillis dans le livre "La gauche n'a plus droit à l'erreur" de M.Rocard et P.Larrouturou.).
          Malgré ce dangereux bilan, aucun signal n'est encore donné par une personnalité politique de grande stature, homme ou femme, pour appeler sérieusement le peuple au sursaut, à l'honneur, à la dignité, et de rechercher ensemble, les réformes sérieuses, révolutionnaires, de l'économie, de la monnaie, de ses circuits , de la banque, des règles de gestion des sociétés qui soient saines, durables, équitables, et mettant hors la loi tout système prédateur illégal ou illégitime.

          En premier lieu, apparaît comme une évidence, la nécessité de partager le travail: "Ils n'ont pas aimé les trente cinq heures, eh bien, il faut leur faire les "trente deux heures en quatre jours.". Sur ce sujet, Pierre Larrouturou avait fait un livre très intéressant, réaliste (Pour éviter le krach ultime), qu'il vient de reprendre avec Michel Rocard, (sous le titre "La gauche n'a plus le droit à l'erreur"). Celui-ci, par sa notoriété et sa voix très écoutée, pourra sans doute apporter une visibilité à cette étude remarquable et intelligente dont, hélas aucun socialiste en renom n'avait su parler, en ce temps-là.. Mais les militants lisent-ils ?…
          Chiche, Monsieur le Président :" Les 32heures / 4 jours.". Progressivement pour certaines branches (les hôpitaux, par ex.), mais il faut y aller : Le progrès social et l'équité l'imposent. N'attendez pas l'explosion !!
          " La survie de notre Société Démocratique et Républicaine en est l'enjeu".

dimanche 10 février 2013

Triste retour de Bruxelles

  S/titre : La France cède à l'Allemagne et au Royaume Uni.

          Etant donné la puissance économique de l'Allemagne, on pourrait, à la rigueur accepter l' imperium de Madame Merkel dans les négociations au plus haut niveau, mais là, où la pilule est amère, et difficile à digérer, alors qu'on s'attendrait à voir la solidarité triompher, c'est de voir le Premier Ministre de sa Majesté, réussir à imposer ses exigences, lui dont le désir d'Europe se limite à son marché.
          Le Président Hollande était parti à ce rendez-vous des Chefs d'Etats Européens, très combatif , promettant d'obtenir l'augmentation du budget de l'Union pour assurer les conditions d'une croissance économique, et d'autre part de maintenir les avantages de la PAC aux agriculteurs et éleveurs Français. Voyons ce qu'il en est :
          La PAC : La part de la France diminuera de 12%. Cette révision ne pourra s'admettre que si la répartition entre les céréaliers et les éleveurs est significativement révisée. Actuellement, en effet, la répartition avantage de manière bien trop injuste les grands domaines céréaliers, au point que certains d'entre eux reçoivent plusieurs centaines de milliers d'Euros, lit-on dans la presse, et font des placements immobiliers grâce à cette manne européenne. Les éleveurs , au contraire, nombre d'entre eux voient, malgré leur aide, leur existence menacée. Il y a là une nouvelle répartition à mettre en place, plus juste et plus intelligente. Mais rien ne la laisse prévoir….
          La CROISSANCE : Le budget européen sera diminué de 11%. David Cameron , Premier ministre du Royaume Uni, a obtenu ce résultat avec l'aide discrète mais efficace de la Chancelière . Signe évident que la Croissance n'est pas le souci Européen primordial, mais qu'au contraire, l'austérité sera durcie partout sur le continent. Un Quotidien n'a pas hésité à écrire : " Un camouflet pour le Président ".

          David Cameron s'en tire avec le titre de grand négociateur, digne de Madame Thatcher qui bloqua l'Europe jusqu'à ce qu'elle obtienne satisfaction. Elle obtint un droit de veto sur toutes les grandes réformes de Bruxelles, et ses successeurs montrèrent la même aversion pour l'Union , hors son grand marché et la libre circulation des capitaux. La volonté affirmée du Royaume Uni est que l'Europe politique, économique, fiscale, sociale, solidaire, ne se fasse jamais. Le R.U. n'est en Europe que pour en tirer des bénéfices, et une curiosité étrange est de constater qu'il a réussi à placer une Britannique à la tête de la représentation internationale de l'Union !…

          Ces quelques remarques viennent encore démontrer que l'EUROPE accomplie et surtout le CITOYEN EUROPEEN sont loin de se concrétiser. Les égoïsmes nationaux sont toujours à l'œuvre prêts à semer les graines dangereuses des nationalismes et des luttes fratricides. Cette situation est d'autant plus grave que la crise économique ne trouve pas de solution et que l'austérité appliquée avec une constance et une répétition stupides sur les Pays du sud européen est en train de créer des masses pauvres et miséreuses bientôt prêtes à réclamer justice par une révolte devenue légitime. Décidément, les nouveaux aristocrates sont, comme ceux de l'ancien régime, ni lucides, ni prévoyants.





vendredi 25 janvier 2013

Les vérités sacrées

S/titre: Les vérités acceptées sans démonstration .

          1917: Révolution d'octobre. Le socialisme, le communisme, le léninisme, le stalinisme enfin, sa dictature et ses goulags. La nomenklatura puissante et riche qui s'octroie les fruits de tous ses abus et détournements. Le peuple opprimé par un état totalitaire et policier dans l'URSS et ses vassaux, véritables colonies soumises au maître. Peuples malheureux, sans droits, de ce monde fermé, subissant les privations les plus extrêmes et les plus archaïques par un système centralisateur incapable, au milieu d'un monde ouvert en pleine révolution technologique, pris d'une folie productiviste et d'un mal nouveau: la consommation exacerbée par des publicités délirantes et excitantes.
          Et puis, Gorbatchev arriva et imposa la Glasnost. Début d'une timide ouverture sur le monde, laissant pénétrer en URSS un vent d'informations nouvelles, inédites, sur les merveilles du monde occidental, qui jusqu'ici ne filtraient que par bribes incomplètes, déformées, sous le manteau et sous la surveillance policière. La Glasnost engendra naturellement la libération et la décentralisation de l'économie, son ouverture au monde, et ce fut bientôt, la chute du mur de Berlin, la fin du cauchemar et aussi la fin du risque majeur de la troisième guerre mondiale, atomique celle-la, avec sa conséquence probable d'une hécatombe humaine sans précédent.
          Cette histoire terrible a engendré une croyance dans notre monde occidental, et cela depuis les années 1950, confortée par un fort courant de philosophes, sociologues, analystes médiatiques politico-économiques, déchaînés, répandant l'idée universelle, dogmatique aussi, qui deviendra, après Reagan et Thatcher, la PENSEE UNIQUE acceptée, reconnue par tous, et ne réclamant aucune autre vérification que celle, malheureuse, donnée par l'histoire :

" Le socialisme est une idéologie qui porte en elle les dérives inéluctables de la dictature totalitaire, des goulags, de la négation de tout humanisme et droit démocratique. "

          Mais voilà que le monde, depuis les nouvelles normes imposées par Reagan et Thatcher dans les années 1980, (celles du néolibéralisme, nouveau "Capitalisme Financier Mondialisé"), se trouve emporté par une nouvelle vague d'optimisme, (celle de la "mondialisation heureuse", (comme la proclamait le visiteur vespéral de l'Elysée Alain Minc), grâce au jeu de la concurrence du "tous contre tous", qui devait apporter à l'humanité, bonheur et prospérité dans un monde pacifié, où même l'Histoire devait disparaître.
          Chacun peut s'apercevoir aujourd'hui de l'inanité de cette prévision imbécile de mondialisation heureuse et de la constance obstinée des nouvelles Stars cathodiques, F.O.Giesbert, Fitoussi, Elie cohen, F.Lenglet, et tant d'autres encore pareillement formatés, à se faire les thuriféraires zélés du capitalisme financier mondialisé, devenu par la magie de leurs discours mille fois répétés, la vérité unique. Mais, voyons en quelques lignes où en est ce paradis proclamé et ce qu'il donne à voir :

· Des crises financières et systémiques périodiques que l'on fait payer aux travailleurs par le chômage et la précarité.
· La désertification industrielle de la France, où les financiers actionnaires ont préféré spéculer sur les "marchés", plutôt qu'investir dans l'innovation et la qualité des produits.
· Le chômage et la précarité devenus les armes du patronat et de la finance pour réduire toujours plus les salaires et les retraites.
· Les conquêtes sociales des travailleurs systématiquement rognées et remises en cause, les services publics sans cesse dégradés.
· La misère qui s'étale dans les rues, les sans abris blottis sous les porches et dans des cartons, les travailleurs et les retraités pauvres, les nouveaux pauvres, les familles mal logées entassées dans des taudis insalubres, les nouveaux glaneurs dans les champs, les fouilleurs de poubelles et ceux qui récupèrent les invendus pourris sur les marchés, les bénéficiaires chaque année plus nombreux des restaurants du cœur.
· Les familles chassées des centres villes et même des villes, réservées depuis quarante ans aux riches, pour satisfaire les affaires des promoteurs privés.
· Des études supérieures devenues si coûteuses que l'avenir de chaque jeune s'évalue strictement selon l'origine et la fortune de ses parents.
· La mise à sac des ressources naturelles au profit des maîtres, les nouveaux aristocrates.
· L'étranglement de la Démocratie par une économie financiarisée qui impose ses diktats et ses intérêts à tous les pouvoirs politiques du monde, où tout doit être objet de commerce, même la santé et la culture.

          On voit bien, par ces quelques exemples, c'est l'évidence, que depuis trente ans le néolibéralisme et son capitalisme financiarisé mondialisé n'ont répandu sur la terre aucun bonheur généralisé paradisiaque, mais plutôt l'injustice, devenue norme universelle. Ainsi, le capitalisme financier ayant repris sa guerre des classes dont il est, par sa toute puissance, le seul bénéficiaire, poursuivra ses destructions humaines et environnementales.
          Malgré ces évidences, si l'on n'y prend garde, les nouveaux hérauts, journalistes, économistes, messagers du capitalisme financier mondialisé persisteront à vomir sur les ondes et sur les écrans, leurs discours louangeurs de ce système, jusqu'à ce qu'il devienne la vérité unique, sacrée, que plus personne n'osera contester. LA PENSEE UNIQUE aura triomphé…. Comme autrefois le Stalinisme dans les Pays de l'Est.
         
          Mais, par une règle récurrente de l'Histoire, il arrivera, un jour, que ce néolibéralisme, qui a osé, impudent, construire son nom sur la racine du mot LIBERTE, sera démasqué comme un néoesclavagisme, imposant aux travailleurs une soumission totale, et la perte des libertés démocratiques et droits sociaux dont leurs aînés les avaient dotés par leurs combats.
          Cet esclavagisme qui cache son nom, sera bousculé, renversé par une révolte de masse lorsque celle-ci comprendra que la Démocratie ne peut être réelle, qu'étant à la fois politique, économique, sociale et culturelle. La nouvelle vérité, leçon de l'Histoire, sera, alors, reconnue par tous :

" Le capitalisme financiarisé mondialisé portait en lui toutes les dérives inéluctables d'un esclavagisme nouveau, négation de tout humanisme, et droit démocratique, politique, économique, social et culturel ."

Un livre : "Marx quand même" de Henri Pena-Ruiz.  ed.Plon.











vendredi 7 décembre 2012

Le Pouvoir Politique, soumis par la Finance

           Un fait symptomatique et dramatique s'est produit sur les écrans de la télévision nationale, il y a quelques jours, sans que cela n'éveille quelque indignation dans les rangs de nos chers commentateurs et analystes politico-économiques. Voici ce fait :

          Une responsable d'association patronale a surgi sur l'écran, montrant un visage de harpie transfiguré par la rage, exprimant dans une envolée surjouée et ridiculement dramatique, une "scandaleuse menace" d'un ministre de la France, destinée à peser dans une négociation difficile avec un Financier-Patron international, travaillant en France, mais oubliant sans cesse de respecter ses propres engagements…A la suite de cette prestation télévisée de haute impudence, croyez-vous que le gouvernement soit intervenu pour "recadrer" l'impudente ? Non ! ce fut le Ministre Français qui fut désavoué…. Le ministre saura ainsi qu'on doit, comme le faisait le gouvernement de droite de Mr.Sarkozy, parler gentiment et respectueusement aux détenteurs de fortunes et accéder à leurs demandes quelles qu'elles soient.
Suite à cet épisode inquiétant, voilà comment, de mon petit coin d'adhérent fidèle, je vois aujourd'hui, le changement promis….:

     1.La grande réforme fiscale promise a été remplacée par un bidouillage compliqué, destiné à montrer que notre ministre du budget, Jérôme Cahuzac, connaît bien le code des impôts et qu'il est même capable d'en compliquer encore les dédales.
     2. La négociation sur les dépassements d'honoraires des médecins et spécialistes s'est conclue par des règles nouvelles qui expriment que tout pourra continuer comme avant…. Mais sans exagérer. (Ce qui veut dire qu'on se fout du peuple.)
     3. La limitation, de 1 à 20 des salaires dans les entreprises publiques, a été oubliée. Sans doute trop compliquée pour satisfaire tous les échelons, degrés, classes, catégories, privilèges acceptables, ou tolérables, avantages justifiés à isoler de ceux qui le sont moins, ETC….On mesure partout le manque de courage et d'ambition….
     4. On avait cru comprendre pendant la campagne présidentielle que l'austérité succédant sans cesse à la rigueur ne constituaient pas une politique acceptable pour sortir de la crise, et transmettre au peuple l'espoir et la vision d'un avenir. Une renégociation du traité Merkel-Sarkozy avec sa règle d'or, avait donc été promise …Il n'en n'a rien été. Le traité s'est juste vu adjoindre une promesse de 120 Mds Euros destinés à faire croire à une croissance future. Miette à l'échelle de l'Europe dont on ne sait, ni ce qu'elle recouvre, ni quand, ni où, ni comment, elle sera dépensée.
     5. Aucun sursaut ne s'entrevoit de la part du gouvernement de gauche actuel, nous faisant espérer une reprise en main de ses responsabilités politiques face aux prétentions dominatrices de la finance internationale. Ce qui se joue depuis trois décennies par l'avènement du néolibéralisme de Reagan-Thatcher-Bush, l'autoritarisme de la finance internationale et des multinationales, c'est ni plus ni moins que le dépérissement de la démocratie, sa dégénérescence censitaire, et finalement sa mort. On peut se rappeler ce qu'en disait le visiteur du soir, Alain Minc dans une interview reproduite par le N.O. du 09/06/2011: "Les surcontraintes macroéconomiques sont impératives, elles ne laissent à la démocratie qu'une infime marge de manœuvre." Ce qui veut dire qu'a contrario, la démocratie est un obstacle à l'économie financiarisée mondialisée.
     6. On peut comprendre qu'un gouvernement de droite extrême ait pu favoriser la montée d'un pouvoir financier au détriment du pouvoir politique républicain; On ne pourra jamais accepter qu'un gouvernement de gauche, après le discours du Bourget, puisse poursuivre dans cette voie du renoncement, de la lâcheté, jusqu'à la mort du pouvoir politique démocratique républicain et, finalement, reconnaisse le pouvoir mondial de la finance internationale sur la destinée des peuples.
     7. Un avis autorisé "proche du gouvernement " a déjà fait savoir que la séparation des activités spéculatives des banques ne serait pas aussi nette et tranchée que supposée auparavant. Si cela s'avère exact, en effet, il valait mieux prévenir pour amortir le choc de cette déception supplémentaire. Quoique maintenant…..

          Le peuple Français laissera-t-il s'installer ce projet pernicieux, d'un totalitarisme financier au détriment de la démocratie et des valeurs républicaines ? Quelqu'un se lèvera pour dire, un jour, comme autrefois, " Non, Sire, c'est une révolution." Il faudra alors, que les complices de cette oligarchie mondiale qui n'a en perspective que ses "retours sur investissements vertigineux" accaparés au détriment des peuples asservis dans le monde entier, répondent de leurs méfaits. On sait ce que ces Oligarques pensent des miséreux, des affamés, des morts de faim, des sans abris, des chômeurs, des enfants au travail laissés sans éducation, sans soins ni protection sociale : Ce ne sont que poussières inévitables, sans intérêt, que des militants ingénus grincheux, ne connaissant rien aux affaires, viennent leur agiter sous le nez tel un chiffon rouge. Ce ne sont que les restes d'une division qui ne tombe pas juste et qu'en hommes de grande intelligence, ils doivent négliger, pour la beauté et la grandeur de leur destin de riches.
          Mais, le Peuple exigera, demain, un jour, que la division tombe juste.



jeudi 15 novembre 2012

La finance en guerre contre les travailleurs

          Le néolibéralisme financiarisé, mondialisé, globalisé, a étendu son emprise sur le monde, et sa domination totalitaire s'exerce à la fois sur les travailleurs, mais aussi sur les conditions démocratiques par lesquelles ceux-ci défendent leur liberté et leurs conditions d'existence. En clair, voici ce qu'est le combat de la finance : d'abord affaiblir les Etats dans leur expression décisionnelle démocratique, puis obtenir l'affaiblissement de toute défense du monde du travail, par la création d'un chômage de masse, là où les travailleurs ont les salaires et les couvertures sociales jugées, par elle, trop élevées.
           Les financiers, pour maintenir ou augmenter leurs "retours sur investissements", ont besoin d'une structure mondiale. Ce sera l' OMC qui assurera la bonne définition et le contrôle des règles et normes qui doivent autoriser strictement et rigoureusement en toutes circonstances, et partout, la libre circulation des marchandises et des capitaux. Ainsi, les financiers ont-ils constitué une armée d'oligarques dans le monde, et dans tous les Pays, personnages très riches et puissants, se connaissant et se fréquentant, capables par leurs contacts, d'apprécier le bon fonctionnement de la "machine à sous" et de veiller à l'excellence des bénéfices tirés, soit sur les entreprises elles-mêmes , soit sur les "marchés", et même sur les Etats.
          En outre, cette armée d'oligarques tient à sa disposition des bataillons nombreux et efficaces de cols blancs dévoués, dans les grands corps internationaux de gestion économique, d'évaluations, d'estimations, tels que l'ONU, l'UNESCO, l'OIT, l'OCDE, CNUCED, la Banque mondiale, le FMI, l'OMC bien sûr, le personnel cadre des grandes diplomaties mondiales, la BCE et les banques centrales des principaux Pays, les grandes compagnies d'assurances, etc…Tout ce personnel, se connaît, se fréquente, et partage l'ensemble des idées de leurs maîtres, desquels ils reçoivent revenus et avantages exceptionnels pour services rendus. ( voir le livre de Daniel Cohen, "l'Homo Economicus".)

          Il est maintenant évident pour tous que le pouvoir politique est soumis à cette oligarchie financière mondiale. Le but de celle-ci, par l'entremise de ses fonds d'investissements ou de pensions, de ses banques, des PDG d'entreprises, des actionnaires et leurs conseils d'administration, est d'augmenter ses "retours sur investissements", et, pour cela, de soumettre les travailleurs salariés au risque majeur du chômage de masse.
          Productivité, compétitivité, flexibilité, robotisation, informatisation, délocalisation, management moderne par le stress, attaque des trente cinq heures, tout est mis en œuvre dans un seul but : sortir le maximum de travailleurs du monde du travail, grossir le plus possible le chômage de masse. Celui-ci est devenu en effet, et de manière évidente un objectif, afin d'imposer par la peur aux travailleurs restés en poste, la soumission, la productivité la meilleure, les salaires les plus bas, la diminution des couvertures sociales, et d'obtenir des Etats la prise en compte de toute la souffrance et de toute la misère, qui accompagnent cette politique,  " "véritable guerre déclarée par la finance au monde salarié ".

          Cette guerre, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'engendre que faiblement la solidarité dans le monde du travail. Malheureusement, en effet, il semble que chacun se courbe et s'échine pour éviter d'être repéré comme élément séditieux ou faible, et être promis à la prochaine charrette pour le Pôle-Emploi. C'est le "sauve qui peut". Dans cette lutte contre le capital-finance, et pour le maintien de son emploi, chacun accepte assez bien que les syndicats ne s'investissent pas davantage pour un combat commun dans la solidarité. Chacun sa clientèle. C'est le chacun pour soi. Partout. La guerre de tous contre tous….: Le rêve pour la finance et les actionnaires. Mais…Quand ils auront vendu ou délocalisé tous les bijoux du monde industriel, ils passeront au "tertiaire". La récolte se poursuivra.

          Notre industrie qui a perdu 750.000 emplois ces dix dernières années, notre commerce extérieur, qui a accusé 70 milliards d'Euros de déficit en 2011. La faute à qui ? Bien entendu, les communicants de la pensée unique le savent : c'est le résultat de ce fameux manque de compétitivité. La faute de ces salaires trop élevés, de ces charges sociales trop lourdes…. Alors, les capitalistes-financiers exigent de l'Etat des crédits d' impôts, et les obtiennent sans engagement formel d'aucune contre-partie. Voilà encore l'effort demandé aux contribuables….comme toujours. Et ça marche….
          Mais on pourrait en bonne logique poser le problème du manque de compétitivité de notre production de manière différente : pendant que notre commerce extérieur se dégradait, comment les actionnaires ont-ils exercé leur responsabilité ? Dans leurs conseils, les administrateurs si qualifiés et si bien rétribués ont-ils conseillé à leurs mandants, des investissements afin de développer la recherche sur des produits vendables? Ont-ils demandé ou exigé des actionnaires des investissements pour l'innovation ? NON ! Rien de tout cela. Il a fallu que ce soit l'Etat qui mette en place une formule de crédit d'impôt pour la recherche. Les actionnaires se sont contentés de percevoir les dividendes. L'actionnaire d'aujourd'hui ne prend plus de risque, celui-ci doit être assumé par le contribuable. Monde idéal et béni pour le financier !!!

          Aujourd'hui, la guerre antisociale est arrivée à un tel paroxysme en France et en Europe du sud, qu' il n'est pas insensé de prévoir une révolte violente des classes populaires. Ce jour-là, il y aura beaucoup de monde aux fenêtres pour saluer cette revanche, ce sursaut de dignité d'un peuple de sacrifiés qu'on aura trompés, malmenés , martyrisés aussi pour nombre d'entre eux. Ce jour-là, il y aura aussi, des très riches aux grandes fortunes indûment amoncelées qui devront courir tremblants, se cacher dans leurs paradis fiscaux.
          Il y aura aussi, ce jour-là des élus cachant leur visage, lorsqu'on leur rappellera leur minable défense, invoquant l'impossibilité de connaître le peuple des villes et des régions, quand il s'était agi de limiter leur fonction élective à un seul mandat. Ce jour-là, le peuple ira également à eux, criant ses doléances, pour se faire bien connaître.

Livres: "Homo économicus" de Daniel Cohen.
            Et "Le nouveau gouvernement du monde" de Georges Corm.