lundi 3 juin 2013

Une Ploutocratie mondiale gouverne

         Il n'est pas besoin de se livrer à de savantes analyses politiques et économiques pour faire ce constat :  Une Ploutocratie  mondiale s'est installée, qui gouverne ou influence dramatiquement les gouvernements en place de tous les Pays, qu'ils soient de droite, ou de gauche. Cette dérive s'est mise en place depuis les attaques idéologiques de Reagan, Thatcher, et Bush, en imposant au monde un libre-échange absolu sans régulation aucune, sans protections nationales, sans réciprocité sociale ou fiscale, alliant à la fois la liberté totale de circulation des marchandises et des capitaux, ainsi que les organes centraux de surveillance et rétorsion nécessaires pour en assurer le respect le plus strict, tels que l'OMC, l'OCDE, voire l'ONU, et les fameux G7, G8, G20 etc. qui se réunissent dès qu'il le faut, tant qu'il le faut, pour veiller à la bonne fortune des gros intérêts ploutocrates présents partout sur la planète, et indispensables pour huiler financièrement les rouages politiques des Eminences Nationales.

       On doit se souvenir de la réponse cynique du "visiteur du soir" Alain Minc lors d'une interview reproduite par le N.O. du 09/06/2011, disant :"… les surcontraintes macroéconomiques sont impératives, elles ne laissent à la démocratie qu'une infime marge de manœuvre…." On ne peut mieux dire, pour exprimer que les intérêts des ploutocrates et ceux des travailleurs des classes populaires et moyennes sont antagonistes, et que la démocratie est l'ennemie naturelle du néolibéralisme libre-échangiste mondialisé, et réciproquement. Aujourd'hui, la démocratie véritable est morte. Elle ne consiste plus qu'à demander au peuple, une fois tous les cinq ans, de venir déposer dans une urne deux bulletins de papier sans influence. L'ordre des choses est établi, et reste immuable.

      Ainsi pourront se multiplier, sans écoeurer les appétits des financiers , les pauvres esclaves mortes du Bangladesh, les chômeurs et les pauvres d'Europe du sud ou même d'Allemagne. La Ploutocratie n'est pas sensible à l'écoeurement. Elle a le cœur solide, et la main ferme.



vendredi 17 mai 2013

Eléments de langage et Hypocrisie

          Les Politiques et les journalistes aiment bien mener des confrontations stériles. Cela les ravit et aide à passer le temps, les rappelle au bon souvenir des auditeurs et lecteurs, mais sans que cela n'amène le moindre progrès à la situation de ces derniers. Exemples:
          Ils ont chicané durant des semaines si ce n'est des mois sur le qualificatif  le plus approprié à adjoindre à la politique du gouvernement. Etait-ce de la rigueur ou de l'austérité ? Ils n'ont pas eu idée d'interroger les travailleurs salariés Français sur ce point , et c'est dommage car la majorité de ceux-ci leur auraient répondu que cette chicane ne les intéressait pas du tout et que seul comptait pour eux le résultat déplorable de cette politique, quel que soit son nom, à savoir : augmentation des impôts, écrasement des services publics, baisse des salaires, des retraites, de la protection sociale, de l'assurance chômage et enfin, l' augmentation du chômage lui-même.
          Vint ensuite le temps d'un mot nouveau qui devait susciter tous les espoirs et concrétiser les réformes à venir : La Compétitivité !…Autour de ce vocable, on réunit des assemblées de représentants des salariés et des chefs d'entreprises pour finir par rassembler un semblant d'accord qui se révéla sans surprise, n'être qu'une mystification cachant la promesse, pour les travailleurs, des baisses de salaires, de retraites, de la protection sociale, de l'assurance chômage, et enfin, l'augmentation du chômage lui-même.
          Enfin, les Politiques ont fini par sentir qu'il était urgent d'adopter un langage plus élaboré, camouflé, mettant en difficulté l'entendement populaire. Ils ont alors lancé, sur l'injonction des sommités bruxelloises, l'obligation de soumettre les travailleurs à des "réformes structurelles". Idée géniale ! "Réformes structurelles" ! Tout Bruxelles, Madame Merkel et le gouvernement Français, cachés derrière cette formule magique ont manifestement pensé qu'ils étaient tranquilles pour un moment, le temps que ces nigauds de salariés Français comprennent ce que cette formule nouvelle pouvait cacher. Eh bien, ce fut raté. Les travailleurs ont immédiatement compris que cela signifierait, comme d'habitude pour eux, baisse des salaires, des retraites, des couvertures sociales, appauvrissement des services publics et augmentation du chômage.

          Ce dernier épisode des "Réformes Structurelles" ne changera rien. Et surtout pas le grand mépris que le pouvoir politique, quel qu'il soit, où qu'il soit, s'habitue à manifester à l'égard des classes populaires et moyennes, en favorisant dans le secteur privé, le maintien des salaires scandaleux des PDG, des traders, leurs bonus, leurs retraites chapeaux, et autres privilèges cachés, ainsi que les bénéfices monstrueux des financiers qui, par leurs spéculations, osent même s'attaquer aux Etats…. Durant ce temps la BCE ne bouge pas, Madame Merkel l'interdit. Celle-ci maintient la saignée de l'Europe du sud, unique thérapie de ce Diafoirus Bruxellois.

          Le néolibéralisme financiarisé mondialisé, auquel se sont soumis volontairement tous les pouvoirs politiques en Europe, s'acharne à détruire l'Europe, et par une politique économique et financière sans morale, ce "système" ressuscite des antagonismes nationaux, alors que la tâche primordiale qu'il eût fallu favoriser était l'émergence d'une véritable citoyenneté solidaire Européenne.
          La période historique Thatcher-Bush et ce qui en est découlé jusqu'à ce jour, restera marquée d'un voile noir. Demain, seul un sursaut populaire vigoureux et profond, autorisera l'avènement de l'Europe des peuples, lassés de payer par leurs souffrances et leur misère, l'enrichissement des puissants, des financiers, des banquiers, et de leurs serviteurs politiques soumis, inconscients, mais heureux, car épargnés.

jeudi 11 avril 2013

Le socialisme?...Quel Socialisme?...

           L'idéologie dominante, celle du "capitalisme financiarisé mondialisé", tente de nous convaincre que nous vivons dans une période bénie, dans un monde abouti, où tout est merveilleusement agencé pour le bonheur des Hommes, des Femmes, des Familles et de leurs Enfants. Mais si vous tentez de contredire une telle affirmation en citant quelques injustices ou inégalités criantes, les experts Stars, journalistes-économistes vous tacleront brutalement d'un méprisant : "il y a toujours eu des riches et des pauvres."

          Cependant, les personnes de bonne foi reconnaîtront que les inégalités, depuis les trois dernières décennies, battent tous les records d'obscénité. Pour preuve ces quelques chiffres tirés de l'OCDE sur 13 Pays d'Europe, plus les USA et le Japon : la part des salaires sur le PIB a baissé de 10 % entre le début des années 1980 et 2010. En cumulé, sur cette période de trente ans, ce sont 150 % du PIB qui sont allés aux marchés financiers, plutôt qu'aux salariés, aux caisses de sécurité sociale et à l'Etat (impôts), si l'on avait gardé le partage salaires/dividendes des deux décennies précédentes. 150 % du PIB pour les 15 Pays de l'OCDE, c'est plus de 40.000milliards de dollars, qui auraient dû aller aux salariés, et qui ne sont pas allés nourrir l'économie réelle, mais se perdre dans les spéculations financières.( voir livre de M. Rocard et P. Larrouturou ).
          Le résultat monstrueux de ce hold-up peut se lire en chiffres également, pour la France :
Les 1% des classes les plus aisées détiennent 25% du patrimoine total.
Les 50% les plus pauvres détiennent 4% du patrimoine total.
Les 1% des classes les plus aisées se partagent 11% du revenu total.
Les 50% les plus pauvres se partagent 27% du revenu total.
          Il n'est pas besoin de savante explication supplémentaire pour montrer la dérive inégalitaire injuste que notre Société a subie ces trois dernières décennies et qui ira s'amplifiant encore si rien ne change. De quoi en effet, alimenter toutes les indignations et toutes les révoltes des travailleurs qui subissent rigueurs et austérités qu' imposent des idéologues néolibéraux poussés et stimulés par leurs maîtres des fonds spéculatifs, des banques et leurs salles de marchés, des agences de notation privées, du FMI, de l'OMC.

          Ces obscènes inégalités ont pris leur source dans l'étouffement progressif et méthodique de la démocratie par un pouvoir financier qui a réussi à dicter aux Politiques élus par le peuple, les lois et règlements favorables à ses lucratives affaires privées, et obliger l'Etat à livrer aux financiers et au "marché", tous nos services publics.
CE DEPERISSEMENT DE LA DEMOCRATIE A ETE FAVORISE PAR LA DEMISSION COMPLAISANTE DU POLITIQUE DEVANT LA FINANCE, VERITABLE TRAHISON AU MANDAT RECU DU PEUPLE.
          C'est durant ces trois dernières décennies que sont apparues les scandaleuses rémunérations des PDG des grands groupes, qui recevaient ainsi, de la part des actionnaires, les salaires de leurs brillantes réussites boursières, arrangées et gérées au détriment des intérêts des travailleurs, de leurs salaires, de leurs emplois, réduits à une simple variable d'ajustement dans les bilans des entreprises.

          Fort heureusement le gouvernement Hollande-Ayrault a décidé de limiter ces abus sur les salaires des hauts cadres, mais, ne ratant aucune erreur, il a limité cette décision aux Etablissements publics.!!! Etonné de cette annonce , les travailleurs ont ressenti cette annonce comme une nouvelle reculade devant l'argent : quelle mollesse, quelle faiblesse, quelle méconnaissance du Peuple, quel mépris des salariés qui pensaient depuis l'élection présidentielle, que la période des privilèges était révolue….Ce peuple ne veut connaître que la loi rigoureuse de la démocratie, de la justice et estime au contraire être dans son droit, en exigeant que cette limitation des abus de salaires démentiels accompagnés de cadeaux mirobolants, (retraites chapeaux, stocks-options, et autres privilèges d'oligarques, etc...) doit s'exercer partout, y compris dans le privé.

          Autre critique récurrente, à propos du remplacement de Jérôme Cahuzac. Nombreux sont ceux qui ont entendu parler de sa profonde connaissance du code des impôts, et des 500 niches fiscales que celui-ci ménage pour les riches, qui trouvent là, de quoi réaliser de belles "optimisations fiscales", grâce à quelques officines privées prodiguant leurs conseils éclairés en cette matière si mystérieuse et si obscure.
          Au poste de ministre du budget, un autre que J.Cahuzac, aurait trouvé l'opportunité de faire une grande révolution fiscale, comme celle décrite dans l'excellente étude faite par Thomas Piquetty et ses amis E.Saez et C.Landais. Cette grande réforme aurait marqué historiquement le passage de la gauche au pouvoir, en donnant à la France une nouvelle règle fiscale progressive, modulable aisément selon les conjonctures économiques, et surtout lisible par tous, et non plus seulement par les spécialistes fortunés de l'optimisation fiscale occulte agrémentée souvent du recours aux paradis fiscaux. Pour ce quinquennat, c'est raté.!!! Et puis pour ce faire, il eût fallu du courage, de la volonté, de l'ambition, de la conviction, bref, toutes qualités absentes, jusqu'ici, dans ce gouvernement.

          Enfin, terminons en renvoyant par avance tous les censeurs qui n'ayant pas de temps à perdre, traitent leurs opposants d'ennuyeux incompétents ou carrément de "populistes" !!! C'est la mode…Populiste !!! Voilà une réplique simple à mémoriser et qui ne coûte pas cher en réflexion ou recherche d'idées nouvelles sur la justice, l'égalité, l'équité, mais aussi, la morale. LA MORALE REPUBLICAINE, NI PLUS NI MOINS.!!! Celle qui ménage une démocratie politique, économique et sociale respectueuse des droits et besoins des travailleurs, et des pauvres.





mercredi 3 avril 2013

Affaire Cahuzac.

          Plus haut, dans ce blog, je me suis élevé contre la nomination de Jérôme Cahuzac comme Ministre délégué au budget. J'avais même appelé cela une "erreur de casting". La raison de cette opposition en était que cet homme n'était pas résolu à réaliser cette grande réforme fiscale telle que l'avait imaginée Thomas Piketty dans son livre "pour une révolution fiscale", livre co-écrit avec C.Landais et E.Saez. Cette réforme eût été une vraie révolution apportant clarté et lisibilité par tous, de ce code des impôts qui actuellement reste un inextricable ramassis de dédales et labyrinthes agrémenté de plus de 500 niches bénies, véritables cadeaux pour les riches qui ,eux, savent et peuvent les exploiter.

          Ce code n'a pas été simplifié par J.Cahuzac, au contraire, et le nombre de niches n'a subi aucune réduction notable. Cet ensemble obscur et mystérieux a toujours été considéré comme une bénédiction pour les officines faisant profession d'optimisation fiscale, vendant leur savoir faire aux riches et fortunés cherchant à frauder le fisc au nez et à la barbe de tous les ingénus qui pensaient que la complexité du code des impôts et ses niches était inévitable. Aujourd'hui , on voit que ce refus d'envisager une réforme profonde était voulue pour conserver à ce monument absurde, ses complexités et finasseries, et n'était que volonté de maintenir ce code fiscal à la lisibilité et exploitation exclusives des malins fortunés, trouvant là une astucieuse source de fraude et son blanchiment.

          Désolé, irrité, j'ai dû constater que la haute hiérarchie du PS, et le premier ministre de ce gouvernement n'aient pas imposé cette révolution fiscale immédiatement, en appelant au ministère du budget les hommes courageux et capables qui auraient pu, dès leur nomination , entreprendre ce travail de fond et d'assainissement rendant ce code des impôts lisible par tous et apte à garantir la juste contribution de chacun.

          Toute loi incompréhensible est vouée au contournement par les plus malins et les plus fortunés. C'est une règle fatale dont il faudrait nettoyer la République. Il y a là un domaine d'excellence pour le futur et déjà fameux "choc de simplification"….Mais, faut-il y croire ?….J'ai déjà parlé, à ce sujet dans ce blog, du mille-feuille administratif imbécile de la France, resté en l'état….Alors….Ne soyons pas naïfs…. Nous serons, là encore, déçus.!

mercredi 27 février 2013

Le socialisme néolibéral est-il cohérent ?

         Il n'y a plus de doute : le gouvernement Hollande- Ayrault se fourvoie et conduit la France vers toujours plus d'austérité et de rigueur, à la grande satisfaction des agences de notation, des "marchés", de la bourse, et de Madame Merkel. Celle-ci maintient sous sa botte une BCE rigide qui n'a pas le pouvoir de son homologue américaine, mais ne surveille que les risques de dévaluation monétaire de l'Euro , qui reste pourtant à un niveau insoutenable par rapport au Dollar. L'Allemagne reste assise sur son matelas d'excédent commercial : tout est très bien ainsi et l'Europe du sud peut bien crever , tout va bien !!!….Voilà comment Madame Merkel conçoit la solidarité en Europe. Elle promeut les égoïsmes nationaux et sacrifie l'épanouissement d'une citoyenneté Européenne qui se délite et se perd.

          Le gouvernement Français ferait bien d'observer avec soin ce qui se passe en Italie et le résultat de ses élections législatives du dernier week-end. Tout y démontre que le peuple commence à se révolter contre ces politiques de rigueur et d'austérité qui se renouvellent mais n'apportent aucune perspective d'amélioration économique, provoquant au contraire, toujours plus de déficits et l'aggravation de la dette souveraine. De grands économistes et parmi eux des prix Nobel, proclament et écrivent de plus en plus que la poursuite de ces restrictions ne peut qu'engendrer les plus funestes conséquences sociales et politiques. Rien n'y fait !!! Les journalistes-économiques, nouvelles stars, et les thuriféraires de la bourse et des "marchés" continuent à vanter les bienfaits de la rigueur, qui évidemment n'atteint jamais leurs salaires et leurs revenus….Que les classes populaires et les classes moyennes se débrouillent avec leurs angoisses et leur chômage! Cela est affaire subalterne et ne peut dévier de sa course et de son objectif , un socialisme dévoyé, devenu aveugle et néolibéral.

          Où sont les belles perspectives promises que l'on osait espérer :
- Une grande révolution fiscale lisible par tous contenue dans l'excellente étude de Thomas Piketty et ses amis ? Revoyons l'histoire de Roosevelt qui porta l'impôt des plus riches à 63%, puis à 79%. et se maintint à 70% durant 50 ans, jusqu'à Reagan.
- La grande interdiction de l'évasion fiscale dans les paradis fiscaux, qui selon des analystes dignes de foi se solderait chaque année par une perte de 40 à 50 Mds d'Euros , de quoi redresser nos comptes en deux ans .
- Tout le monde, experts et simples connaisseurs, s'accordent à penser qu'il n'y aura pas de sortie de crise sans un retour au plein emploi. Celui-ci peut s'entrevoir grâce à une évolution progressive et négociée du travail vers les 32h/sem. en 4 jours. ( certains ateliers pouvant fonctionner 5 ou 6 jours/semaine, par la rotation des équipes). Certaines Entreprises en Allemagne et en France ont déjà expérimenté cette solution.(Voir le livre de M.Rocard et P.Larrouturou," la gauche n'a plus le droit à l'erreur".)
- Et cette réforme bancaire si attendue,se limitant misérablement à séparer une partie infime, marginale, des activités spéculatives des banques. Cette décision a même fait se féliciter les banquiers avec leur impudence coutumière.

          Rien ne doit être interdit dans la recherche de solutions intelligentes. Le grand danger est dans la fermeture d'esprit des idéologues Conservateurs Allemands et Français qui, depuis Mme Thatcher et Bush, ont adopté la règle absolue du "There is no alternative". Leur capacité de réflexion s'est arrêtée là !!!…Cela fait très longtemps.... Le grand dommage est que l'on voit aujourd'hui cette sclérose de la raison atteindre les rangs des socialistes. C'est une très grande et désastreuse régression, démocratique et sociale, le pouvoir étant  lâchement abandonné à la finance spéculative.



mardi 12 février 2013

La Société Française va exploser.

           On n'en finirait pas de décrire les maux de la société Française d'aujourd'hui, tant ils sont nombreux et profonds. En cette matière, on se perd à ficher ceux qui sont les plus cruels ou les plus scandaleux, à leur affecter un ordre d'urgence en vue de leur correction. Ils sont tous inacceptables dans notre Société de grand Pays économiquement, culturellement, évolué, que l'on classe encore en cinquième position dans le monde, parmi les grands Pays.
          Disons simplement qu'une nouvelle aristocratie de l'argent, influente au point de dicter aux gouvernements ses volontés, traduites docilement dans les lois et les règlements, arrive à satisfaire son appétit de richesses en dénaturant profondément le fonctionnement de l'économie réelle, celle qui fait vivre les Hommes. Toute l'activité du Pays n'a plus qu'un but, nourrir la cupidité et l'égoïsme de cette nouvelle aristocratie, qui ne verront jamais de limites et s'accentueront au contraire jusqu'à entraîner la Société entière dans un effondrement global.
          Les richesses de cette aristocratie de l'argent se paient par des millions de chômeurs, de travailleurs pauvres, de sans abris, de familles sans ressources allant chercher leur nourriture dans les poubelles de supermarchés ou dans les invendus pourris des marchés. Ces richesses détournées ce sont encore des centaines de milliers d'enfants sans formation, sans espoir d'avenir digne, livrés aux risques des mauvaises tentations et des violences délinquantes, ce sont ces réussites du Pays que l'on appelait Services Publics, livrés aux appétits d'accapareurs qui en font ensuite des outils non plus de services pour tous, mais d'enrichissement personnel sans limite.
          A cette désespérance, à ce gâchis, les économistes , nouvelles stars des écrans, viennent exposer leur suffisance et les affirmations de leur pseudo-science, en affirmant que c'est ainsi que doit tourner le monde, puisque la "crise" l'impose, puisque la "finance" le veut, puisque le "système" l'oblige, et enfin, raison supérieure, parce que c'est ainsi que les "marchés" l'exigent.

          Mais enfin….qui sont ces gens : crise, marché, finance, système…. Comme nous le disait le candidat Hollande, dans son beau discours du Bourget, ils n'ont pas de nom, pas de visage, pas de patrie, mais ils gouvernent, ils règnent…. Eh bien, non ! Les responsables d'une telle entreprise de démolition sociale, doivent être connus ! Il faut que la presse les nomme , les photographie, nous les fasse connaître, nous montre leurs moyens de gouvernance, leurs complicités, leurs liens avec les paradis fiscaux et leurs arrangements avec le fisc, les politiciens, et autres puissances obscures que nous, pauvres citoyens ingénus ne savons même pas imaginer. Qu'enfin, la presse d'investigation fasse son travail et montre ces visages et ces noms de grands seigneurs repliés dans leurs beaux quartiers réservés, vivant entre eux, sereins, tranquilles, PDG de grandes sociétés internationales, de banques, de fonds d'investissements et de pension, et leurs gros actionnaires qui exigent des retours dépassant l'imagination, 12%, 15% et bien au-delà, dans une Europe où la croissance de son PIB plafonne à 1%.. Ces gens-là par leur dictature tuent la Démocratie, la République, ses principes, et tuent le "vivre ensemble". Ils sont spéculateurs, dépeceurs d'usines, qui préfèrent se servir aujourd'hui, plutôt qu'investir et innover pour demain. Ces parasites, sangsues, ne peuvent plus se prétendre nos compatriotes, eux qui n'ont qu'une patrie, l'argent. Eux, dont les richesses circulent librement dans le monde, sur tous les continents et ouvrent des filiales dans les paradis fiscaux avec lesquelles se font des transferts juteux et illégaux, côtoyant dans ces paradis l'argent de tous les trafics, de toutes les mafias.
          Ces gens-là, il faut les écarter, les empêcher de nuire, pour enfin restaurer la Démocratie et la République. Car ces gens-là sont néfastes. Ils ont réussi a apeurer les travailleurs, par les risques du chômage et de la précarité, ils les ont tellement bien convaincus de la fatalité de leur état, de l'inexistence d'aucune alternative, que le "chacun pour soi" a fini par gagner toutes les couches de la population, même les plus cruellement écrasées. Cette fatalité devient une règle de vie et de comportement, où les plus heureux se satisfont de n'être encore que menacés, mais pas encore touchés par cette grande faucheuse que l'on appelle la "crise" avec ses démons, les marchés, la dette, le déficit, la compétitivité, la précarité, le chômage, l'expulsion du logement, la honte, la mort sociale, puis, la mort tout court.

          Combien de Français ont à l'esprit ces chiffres effrayants : 5.200.000 demandeurs d'emploi (toutes catégories) inscrits à Pôle-Emploi fin octobre 2012. Sans compter les 275.000 demandeurs d'emploi des D.O.M., ni les 230.000 dispensés de recherche d'emploi, et les 600.000 RMIstes au chômage mais en fin de droits. !!!…( chiffres recueillis dans le livre "La gauche n'a plus droit à l'erreur" de M.Rocard et P.Larrouturou.).
          Malgré ce dangereux bilan, aucun signal n'est encore donné par une personnalité politique de grande stature, homme ou femme, pour appeler sérieusement le peuple au sursaut, à l'honneur, à la dignité, et de rechercher ensemble, les réformes sérieuses, révolutionnaires, de l'économie, de la monnaie, de ses circuits , de la banque, des règles de gestion des sociétés qui soient saines, durables, équitables, et mettant hors la loi tout système prédateur illégal ou illégitime.

          En premier lieu, apparaît comme une évidence, la nécessité de partager le travail: "Ils n'ont pas aimé les trente cinq heures, eh bien, il faut leur faire les "trente deux heures en quatre jours.". Sur ce sujet, Pierre Larrouturou avait fait un livre très intéressant, réaliste (Pour éviter le krach ultime), qu'il vient de reprendre avec Michel Rocard, (sous le titre "La gauche n'a plus le droit à l'erreur"). Celui-ci, par sa notoriété et sa voix très écoutée, pourra sans doute apporter une visibilité à cette étude remarquable et intelligente dont, hélas aucun socialiste en renom n'avait su parler, en ce temps-là.. Mais les militants lisent-ils ?…
          Chiche, Monsieur le Président :" Les 32heures / 4 jours.". Progressivement pour certaines branches (les hôpitaux, par ex.), mais il faut y aller : Le progrès social et l'équité l'imposent. N'attendez pas l'explosion !!
          " La survie de notre Société Démocratique et Républicaine en est l'enjeu".

dimanche 10 février 2013

Triste retour de Bruxelles

  S/titre : La France cède à l'Allemagne et au Royaume Uni.

          Etant donné la puissance économique de l'Allemagne, on pourrait, à la rigueur accepter l' imperium de Madame Merkel dans les négociations au plus haut niveau, mais là, où la pilule est amère, et difficile à digérer, alors qu'on s'attendrait à voir la solidarité triompher, c'est de voir le Premier Ministre de sa Majesté, réussir à imposer ses exigences, lui dont le désir d'Europe se limite à son marché.
          Le Président Hollande était parti à ce rendez-vous des Chefs d'Etats Européens, très combatif , promettant d'obtenir l'augmentation du budget de l'Union pour assurer les conditions d'une croissance économique, et d'autre part de maintenir les avantages de la PAC aux agriculteurs et éleveurs Français. Voyons ce qu'il en est :
          La PAC : La part de la France diminuera de 12%. Cette révision ne pourra s'admettre que si la répartition entre les céréaliers et les éleveurs est significativement révisée. Actuellement, en effet, la répartition avantage de manière bien trop injuste les grands domaines céréaliers, au point que certains d'entre eux reçoivent plusieurs centaines de milliers d'Euros, lit-on dans la presse, et font des placements immobiliers grâce à cette manne européenne. Les éleveurs , au contraire, nombre d'entre eux voient, malgré leur aide, leur existence menacée. Il y a là une nouvelle répartition à mettre en place, plus juste et plus intelligente. Mais rien ne la laisse prévoir….
          La CROISSANCE : Le budget européen sera diminué de 11%. David Cameron , Premier ministre du Royaume Uni, a obtenu ce résultat avec l'aide discrète mais efficace de la Chancelière . Signe évident que la Croissance n'est pas le souci Européen primordial, mais qu'au contraire, l'austérité sera durcie partout sur le continent. Un Quotidien n'a pas hésité à écrire : " Un camouflet pour le Président ".

          David Cameron s'en tire avec le titre de grand négociateur, digne de Madame Thatcher qui bloqua l'Europe jusqu'à ce qu'elle obtienne satisfaction. Elle obtint un droit de veto sur toutes les grandes réformes de Bruxelles, et ses successeurs montrèrent la même aversion pour l'Union , hors son grand marché et la libre circulation des capitaux. La volonté affirmée du Royaume Uni est que l'Europe politique, économique, fiscale, sociale, solidaire, ne se fasse jamais. Le R.U. n'est en Europe que pour en tirer des bénéfices, et une curiosité étrange est de constater qu'il a réussi à placer une Britannique à la tête de la représentation internationale de l'Union !…

          Ces quelques remarques viennent encore démontrer que l'EUROPE accomplie et surtout le CITOYEN EUROPEEN sont loin de se concrétiser. Les égoïsmes nationaux sont toujours à l'œuvre prêts à semer les graines dangereuses des nationalismes et des luttes fratricides. Cette situation est d'autant plus grave que la crise économique ne trouve pas de solution et que l'austérité appliquée avec une constance et une répétition stupides sur les Pays du sud européen est en train de créer des masses pauvres et miséreuses bientôt prêtes à réclamer justice par une révolte devenue légitime. Décidément, les nouveaux aristocrates sont, comme ceux de l'ancien régime, ni lucides, ni prévoyants.