mardi 10 avril 2012

Réinventer la Politique.

-Voulez-vous savoir pourquoi J.L.Mélenchon a du succès ?
-Tout simplement parce qu'il n'entre pas dans le jeu des journalistes-économistes grandes Stars des écran TV, qui ergotent durant des heures à critiquer les programmes des candidats à 10 Euros près sur les dépenses et puis à 10 Euros près sur les recettes, toutes ces choses qui seront contredites par les aléas qui vont nous assaillir dès le courant de 2012. Des heures de télé passées à lasser les chaumières par des arguments souvent fallacieux longuement chiffrés,(pour faire sérieux), et qui à l'usage se révèleront n'être que monuments de stupidités fantasmées.
Alors, le voilà, le succès de Mélenchon : IL EST EN TRAIN DE REINVENTER LA POLITIQUE. LA VRAIE. SON DISCOURS PROMET DE RENDRE LE POUVOIR AUX ELUS DU PEUPLE, ET DE SOUMETTRE LES FINANCES AUX BESOINS DE L'ECONOMIE REELLE, CELLE QUI FAIT VIVRE LES HOMMES, LEURS FAMILLES, ET PERMET LE PROGRES.
-PROGRES....Ce mot a même disparu de tous les vocabulaires, (politique, social), car il est devenu trop coûteux, on ne parle plus depuis 10 ans que de travail trop cher, de compétitivité à retrouver, de salaires à juguler, de limiter les prestations de sécurité sociale, de plans de rigueur pour les travailleurs, afin d'effacer la dette que les financiers ont creusée.

- A contrario, J-L Mélenchon dit simplement :
--Le peuple souverain a été trahi par ses gouvernements de droite, qui ont laissé les "marchés" imposer leur dictature.
--Les financiers et leurs complices, ont tué la démocratie.
--Les financiers se gavent , écrasent et ruinent l'économie réelle.
-- Les banquiers utilisent l'argent mis en dépot chez eux, à des fins de spéculations.
-- Ces spéculations s'exercent même au dépens des Etats.
-- les agences de notation, augmentent opportunément pour les financiers, les taux d'emprunt que les Etats doivent payer sur les obligations émises.
-- Le gavage des financiers se traduit inévitablement par l'augmentation de la dette des Etats, qui devront imposer à leur peuple des plans de rigueur successifs sans fin.

Voilà ce que dit J-L Mélenchon, clairement, simplement. Il dit aussi que ce jeu de "perdant-perdant" qu'on impose au peuple, doit cesser. Et que la souveraineté du peuple doit être restaurée. Il dit aussi :
- Que la démocratie revive...Que les élus du peuple fassent leur travail, fassent les lois utiles, qui servent le peuple, et non plus la finance, instaurent l'égalité, la justice, dans une République sociale retrouvée.
Le PS et F. Hollande doivent entendre ce message, pour gagner en Mai 2012.

Alerte !!! Pas faux pas....

. Quand nos gouvernements laissent dépérir la Démocratie en cédant leurs pouvoirs reçus du peuple, aux financiers spéculateurs internationaux apatrides, alors, il y a urgence. Il faut sauver ce qu'il reste au peuple de liberté, les manifestations d'indignés ne suffisent plus, il faut s'engager et se révolter. Cela devient pour le peuple, un devoir impérieux, une exigence pour conserver sa dignité et sa foi en un avenir possible et meilleur pour ses enfants.

. J'ai déjà dit ici, mes réserves sur le programme élaboré par le couple M.Sapin/J.Cahusac, qui ne paraissait pas receler ce qu'il fallait de force , de volonté, de radicalité, pour montrer de réels signes de "Temps nouveaux", de ruptures fondamentales avec le passé néolibéral ultra, imposé depuis l'ère Reagan-Thatcher, et servilement prolongée par la période Bush-Sarkosy.
Je répète donc ce qu'il me semble juste d'affirmer, à savoir qu'un couple T. Piketty/P.Larouturou, pour imaginer et concevoir l'avenir économique et fiscal de l'après Mai 2012, eut été préférable et aurait transmis au peuple Français un message audacieux, courageux, novateur, apte à entraîner l'enthousiasme et l'espérance d'un avenir envisageable sans appréhension.

. Il faut répéter encore avec force que si les programmes offerts au peuple, ne font que promettre rigueurs après rigueurs pour apurer les dettes souveraines phénoménales accumulées par les gouvernements de droite en laissant la grande finance se rassasier au rythme des efforts demandés aux travailleurs et au rythme du creusement de la dette nationale, alors on peut craindre que l'indignation fasse place à la révolte. Il est nécessaire pour éviter ce traumatisme social, qu'une prise de conscience profonde ait lieu, et que la restauration du pouvoir du peuple et de la Démocratie soit engagée sans tarder.

. Il faut dire aussi que si cet engagement n'est pas immédiatement pris, ce n'est pas uniquement la dette souveraine Française qu'on demandera aux travailleurs d'apurer, ce sont toutes les dettes de la Zone Euro, puis enfin, la dette souveraine des USA, qui s'élève aujourd'hui à 358 % de leur PIB, qu'il nous faudra aider à éteindre, contraints et forcés. Rappelons pour fixer les idées que la dette Française est de 87% de son PIB. Vous pouvez imaginer lisant ces deux chiffres, les plans de rigueurs qui seront nécessaires et qu'on ne manquera pas de nous imposer.
VOILA CE QUI ARRIVE QUAND ""LE POLITIQUE"" ABANDONNE SON POUVOIR RECU DU PEUPLE, AUX FINANCIERS SPECULATEURS INTERNATIONAUX ET APATRIDES.

mardi 3 avril 2012

LA TERREUR,...c'est Mme Parisot et son Medef.

Madame Parisot craint que J.L.Mélenchon, s'il parvient à quelque responsabilité dans un futur gouvernement de gauche, ne devienne la Terreur de la République. Que Madame Parisot ose parler de Terreur pour un futur gouvernemental, nous amène à deux remarques :
.1. La patronne du Medef n'a manifestement plus d'espoir dans l'avenir de son champion Sarkozy. Alors, elle hallucine sur le futur de ses adhérents, PDG, hauts cadres, et tous les financiers actionnaires qu'elle sert avec un dévouement attentif et empressé.
.2. Mme Parisot, avant d'émettre cette crainte stupide, aurait dû faire appel à toute la lucidité qui lui reste, et regarder derrière elle, les dix années qui viennent de s'écouler, et considérer ce qu'avaient fait, de la France et des Français, ses amis des gouvernements de droite. On peut, avec la courtoisie qu'il convient, lui rappeler quelques points d'un bilan, qui lui éviteront de récidiver dans des déclarations irréfléchies :
- La Démocratie et la Politique soumises à la finance mondiale.
- La dette souveraine au record de 89% du PIB.
- 750.000 emplois industriels perdus.
- Les délocalisations menées par des patrons voyous.
- Un niveau de chômage jamais atteint auparavant.
- SDF, Travailleurs pauvres, Retraités pauvres, en nombre croissant.
- Pouvoir d'achat des salariés en diminution constante.
- Sidérurgie à l'abandon.
- Services publics privatisés coûtant de plus en plus cher.
- Secteur automobile face à un gouffre de mévente.
- ETC….
On pourrait poursuivre cette liste, mais par charité nous laissons à Madame Parisot le soin de la compléter elle-même. Et nous lui rappelons que ses amis de droite ont, durant ces dix dernières années, déjà fait tant de mal et semé tant de misères, de souffrances, sur tant d'Hommes, de Femmes, et de Familles, qu'en matière de Terreur, aucun gouvernement futur quel qu'il soit, ne pourra jamais rivaliser et faire pire.
Nous souhaitons simplement à Mme Parisot que ses futurs propos soient empreints d'une modestie et d'une lucidité mieux appropriées. Cela lui évitera qu'on la renvoie devant sa glace. IL y a des légèretés qui, proférées, démontrent un aveuglement d'esprit, et une extrême sècheresse de cœur.

mercredi 21 mars 2012

Injustices. Violences. Amalgames.

Depuis dix ans la société Française nous a déversé un flot continu d'injustices de tous ordres que la population, dans ses strates les plus modestes a subi sans révolte : injustices sociales, fiscales, salariales.
On pourrait énumérer les plus criantes , ne serait-ce que pour remettre en mémoire ce que certains ont trop tendance à oublier ou à faire oublier . Voyons rapidement :
--Les salaires faramineux, démentiels, des PDG des grands groupes, des sportifs, des stars du showbiz,
--La protection des grandes fortunes dans les paradis fiscaux, qui se fait au grand jour,
--Le traitement modéré et bienveillant, des revenus des très riches par l'administration fiscale.
--La précarité du travail pour les femmes et les moins formés.
--Le chômage pour les trop jeunes ou les trop vieux.
--Le manque de formation professionnelle pour les 15O.000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme.
--Une retraite insuffisante pour ceux qui ont vu leur carrière hachée, incomplète, interrompue, ou pour les agriculteurs et leurs conjointes.
--Le manque de logements, où chaque ministre s'est vanté d'avoir fait mieux que son prédécesseur, alors qu'en fin de compte, la pénurie s'est toujours aggravée. Et cette loi DALO inapplicable.
--Des miséreux , des SDF, des pauvres qui ne peuvent plus payer la cantine des enfants, et qui vont chercher "de quoi" au resto du cœur….
--On s'arrête-là. On n'en finirait pas d'égrener toutes ces belles réussites de notre grande société moderne, la France dont beaucoup se disent fiers,…mais, vraisemblablement en se fermant les yeux.

C'est malheureusement sur cette base d'injustice profonde inéluctable, que peuvent se greffer ou prospérer n'importe quelle frustration supplémentaire, n'importe quel autre ressentiment d'ordre idéologique, ethnique, religieux, ou autre, servant de justification ou d'explication à toutes les violences pour des esprits faibles égarés.
La face qu'a prise notre société n'est ni belle ni bonne . Elle est devenue anxiogène, et propre à encourager ou couvrir des dérives violentes individuelles ou groupusculaires, ou même encore, une révolte générale, un rejet global.

L'urgence, pour demain, est donc de faire disparaître ce sentiment latent, profond, de déséquilibre dans notre Société, où L'INJUSTICE traque l'individu depuis sa naissance, jusqu'à sa mort, le poursuivant à toutes les étapes de sa vie. Sans cette refondation totale, on n'aura beau faire les plus belles phrases du monde contre les amalgames, les appels vibrants et émus à l'unité de la Nation, TOUT SERA VAIN.
On n'arrivera jamais, quelle que soit la qualité de la rhétorique, à faire croire que le S.D.F. qui meurt de froid dans une rue l'hiver, est le compatriote des égoïstes financiers, goinfres qui mettent leurs descendants sur dix générations à l'abri du besoin et du travail même.
Les grandes phrases affirmant l'unité de la Nation ne remplaceront jamais l'instauration de la BONNE JUSTICE.

mardi 20 mars 2012

L'exactitude arithmétique des programmes.

--.Il serait temps que les sémillants et bavards économistes abrités chez les media les plus en vogue, et chargés de contrôler les programmes des candidats, cessent de nous abreuver de leurs comptes examinés à l'euro près. Qu'ils sachent que l'exactitude arithmétique de leurs vérifications laissent un étrange goût de prétention abusive cherchant à démontrer aux électeurs qu'ils sont seuls à comprendre comment doit tourner le monde.
--.Qu'ils sachent qu'au delà de cette exactitude arithmétique, de très nombreux électeurs savent juger et estimer beaucoup mieux qu'eux ces programmes, selon leur conformité à leur éthique personnelle. Qu'ils sachent que ces électeurs sont les mieux placés pour savoir qui, ces dernières années, se sont enrichis, et qui ont vu leurs conditions de vie se précariser et les espérances de leurs enfants se restreindre ou s'effacer.
--.Messieurs les savants qui pensez nous noyer sous ces avalanches de chiffres que vous manipulez et croyez être les seuls à comprendre, nous vous soupçonnons de n'être que des jouets et des serviteurs aux mains des puissants, qui ont jeté le monde dans une crise sans fond et sans fin, et que vous servez fidèlement contre une position enviable et agréable. Sachez encore , Messieurs les savants, qu'au delà de toute l'arithmétique du monde, le programme de Monsieur Sarkozy contient lui, les pires erreurs : celles que démontre le bilan des cinq années écoulées. Et de celles-là, vous ne parlez jamais,… pour ne pas déplaire…..

--.Ce constat fait, il est temps de dire aussi que si les activités financières et économiques ne sont pas capables de se maintenir elles-mêmes dans des limites de décence convenable, il appartiendra, de manière impérative et contraignante, aux Politiques d'édicter et faire respecter des règles et des lois aptes à imposer la morale sociale républicaine, la JUSTICE, dans l'exercice de ces activités.
--.Et puis , si les Politiques n'exercent pas ce pouvoir d'assainissement, on sera alors autorisé à se poser les questions, non seulement de leur compétence, mais encore de leur connivence.

--.Enfin, si ces évidences ne sont pas comprises, par ceux qui gouvernent (ou gouverneront,) et persistent à imposer la rigueur aux faibles, aux malheureux, afin de permettre aux financiers et banquiers de poursuivre leurs spéculations lucratives, alors la population des travailleurs, ceux à qui on a déjà trop pris, ne l'acceptera pas et se révoltera. Quand on offre au peuple aucun autre chemin que celui qui mène au pire, alors sa révolte devient un devoir, pour lui et les siens.

dimanche 11 mars 2012

La fuite des capitaux et les naïfs.

.Chaque élection générale nous offre la mise en scène d'une pensée unique destinée à semer la panique dans les foyers, mais surtout, dans les couches de populations modestes, car naturellement portées à un vote favorable à la gauche, et supposées ignorantes des finesses de l'économie, de la fiscalité, de la formation des lois et règlements, de la direction des affaires dans les sphères les plus hautes et les plus mystérieuses de l'Etat.
.La pensée unique est semée dans les médias, répétée mille fois, chaque jour, sur tous les supports, TV, papier, radios, et si quelque intervenant s'y oppose, vite, un supposé spécialiste, vient redresser l'anomalie et se moquer de l'inconscient osant proférer une telle contradiction défiant le bon sens. Car le but de la pensée unique est là : La faire accepter comme le bon sens universel, comme une vérité biblique .
.En scène, aujourd'hui, cette pseudo-vérité à imposer :
" Une réforme fiscale juste, menée par la gauche, ferait fuir à l'étranger les capitaux des privilégiés fortunés."

.Cette fuite , dont on nous menace, celle des capitaux vers des Pays accueillants , ( Belgique, Suisse, Luxembourg, Autriche, Angleterre, que sais-je encore, tous ces paradis fiscaux toujours bien actifs ), n'est pas née de la dernière campagne électorale . Sa réalité existe depuis toujours.
.Les riches fortunés n'ont pas attendu les projets de justice fiscale émis par François Hollande pour se mettre à l'abri. Il y a longtemps que ces fortunes se réfugient sous des cieux cléments au fur et à mesure de leur captation et de leur constitution. Croire que demain la fuite sera plus importante est un mensonge fait pour apeurer les naïfs innocents ou ignorants. Et, à ce sujet on peut, pour s'amuser, rappeler l' intervention de Monsieur Woerth, à l'époque Ministre du budget, présentant à bout de bras , à la télévision, une liste de trois mille noms de contribuables malhonnêtes, ayant mis des capitaux à l'abri à l'étranger et leur fixant un délai pour réintégrer le territoire Français et la normalité fiscale, sous peine de pénalités sévères. Qu'en est-il advenu ?….. Rien !….Tout ceci montre bien que la Société Française est tombée sous la domination d'une caste , où les postes s'obtiennent par cooptation, avec les avantages qui en découlent de manière automatique.
.Alors, si les grands communicants de droite, comptent semer la panique dans les foyers populaires en les menaçant d'une fuite des capitaux, ils se trompent. Cette fuite n'a jamais si bien existé que sous le pouvoir bienveillant de la droite, et dans ce domaine, rien de pire ne pourra advenir. Que les classes populaires et moyennes se rassurent…..A l'avenir, une justice fiscale plus rigoureuse ne pourra que leur être bénéfique. Et la morale y trouvera également son compte.

.On peut enfin éclairer le jugement des naïfs, en précisant que la mise à l'abri fiscal des revenus et salaires prodigieux des sportifs, stars du showbiz, PDG, et autres privilégiés fortunés, s' exécute le plus souvent en usant de procédés légaux. Voyez, par exemple, ces footballeurs millionnaires évadés fiscaux à Monaco ou en Suisse, qu'on appelle en "équipe de France", champions reçus à l'Elysée, et à qui les contribuables Français offrent des stades modernes et immenses, leur permettant d'accueillir le maximum de spectateurs payants.
.On se souvient aussi de Mr. Woerth remettant la légion d'Honneur à Mr. Patrice de Maistre, gestionnaire des revenus de Mme Bettencourt, dont certaines sommes avaient été transférées à l'étranger afin d'échapper au fisc….
.On voit bien par ces exemples que se mettre à l'abri du fisc, pour certains privilégiés, est d'une simplicité extrême et que cela ne les empêche pas d'être reconnus et distingués officiellement.

.Il existe donc bien, dans notre République, une légalité parallèle, obtenue par l'entremise d'hommes politiques, ou de hauts fonctionnaires, qui couvrent certaines pratiques, de manière à satisfaire les appétits les plus voraces, les plus égoïstes, et les moins honorables….. Quelle minable dégringolade…..
.Ces exemples sont si dérangeants pour la conscience , que des Français de plus en plus nombreux, en viennent à penser que des réformes légères, trop timides, sans audace, seront insuffisantes, et qu'une véritable nouvelle nuit du 4 août, est devenue nécessaire pour rendre notre société digne et vivable pour tous, dans un ensemble de règles et lois pouvant être imposées à tous, dans un esprit réel d'Egalité Républicaine : CETTE EGALITE AYANT SI BIEN SCANDE LE DISCOURS DU BOURGET.
.Sans cet objectif , immédiatement mis en œuvre, dès le mois de Mai prochain, il se répandrait une vague de déception et de désillusion dans les classes populaires et moyennes qui bouleverserait la société entière, et dont les conséquences seraient funestes et incontrôlables.

.Et, s'il fallait trouver une seconde conclusion à ce papier, la voici :
.Les PDG et ultra-riches qui cachent leur magot dans un paradis fiscal, qu'ils partent eux-mêmes.!!! Définitivement.!!! Ils ne sont pas nos compatriotes.
.La France est un grand Pays, rempli de jeunes et grands talents qui sauront les remplacer avantageusement et plus honnêtement. Ceux qui ne croient pas à cela, ne connaissent pas la France, la vraie, celle de la Nation unie, solidaire, où chacun veut être reconnu pour ce qu'il est capable d'apporter à sa famille, aux autres, à ses concitoyens, et au Pays.

dimanche 12 février 2012

Retour sur terre et l'occasion manquée

Après l'immense enthousiasme justement soulevé par le meeting réussi du Bourget et son excellent discours de 1h30, le calme de la raison revenu avec l'énoncé du programme du Candidat François Hollande, sa lecture et sa relecture étant effectuées, il reste dans mon esprit deux réserves dont je n'ai pu encore me libérer.
La première réserve concerne le désendettement de la France que ce programme reconnaît comme un impératif inconditionnel. Par une comparaison hardie et fausse avec la dette d'un ménage, les media et les économistes attitrés des écrans TV, ont inculqué au peuple la pensée unique que ce peuple devait lui-même accepter tous les plans de rigueur, les diminutions de salaires, de retraites, de prestations sociales, en punition logique des excès dont se sont rendus coupables les financiers spéculateurs et les PDG, goinfres insatiables, repus à satiété de bonus, stock-options, retraites dorées et chapeaux, laissés à disposition de cette aristocratie couverte de privilèges d'un autre temps.
Nous n'avons pas oublié la profession de foi du MEDEF, qui proclamait triomphant, en 2007 :
" Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance".
La démolition de ce programme avait déjà commencé avant N.Sarkozy, mais celui-ci y a rajouté sa touche personnelle et lourde. Il n'est plus nécessaire de rappeler les méfaits de ses gouvernements qui ont semé en France, durant cinq ans, l'injustice, le chômage, le creusement de la dette, la désorganisation des services de l'Etat, la destruction de l'école, la désindustrialisation du Pays, plongeant dans une angoisse profonde les classes populaires et moyennes.

Devant ces dégâts et contre la pensée unique "du peuple payeur", on aurait aimé voir le programme du Candidat plus directement impliqué dans une nouvelle nuit du 4 Août, et dédouaner le peuple de toute responsabilité dans le creusement de cette dette souveraine, et imposer franchement aux seuls financiers le rachat de la très grande partie de celle-ci, selon le grand principe formulé par N.Sarkozy lui-même, selon lequel, "les casseurs doivent être les payeurs".
Oui, de tous ces dégâts, le programme du Candidat devait clairement et nettement en désigner les responsables ou bénéficiaires, et justement les désigner comme les payeurs, et eux seuls.

Reste également le lourd désaccord, mal dissimulé, entre N. Sarkozy et A. Merkel au sujet du rôle de la BCE, dont le rôle devrait, en bonne logique, être semblable à celui de la Fed Américaine. On aurait souhaité sentir davantage d'audace dans la perspective de la nouvelle rencontre et confrontation Hollande - Merkel, qui s'annonce. Là encore, un impératif : Volonté et courage, en signalant le déséquilibre commercial entre la zone Euro et l'Allemagne, au bénéfice de celle-ci.

Et puis enfin, la dernière réserve soulevée : La pusillanimité de Michel Sapin ou Jérôme Cahusac s'agissant de la future réforme fiscale, et en particulier la réforme de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP).
Si la fusion de l'IR avec la CSG est la bienvenue avec la révision des tranches et des taux sur les tranches supérieures, on reste sur une déception : Celle de ne pas voir se mettre en place immédiatement et complètement la réforme ingénieuse imaginée par Thomas Piketty dans son livre co-produit " Pour une révolution fiscale".
Cette réforme ainsi appliquée eût donné un retentissement historique à ce nouveau gouvernement de gauche. Je crois qu'il y a là une grande occasion manquée qui eût permis, à chaque Français, une lisibilité nouvelle sur son impôt , mettant également en clarté la juste et progressive répartition de cette contribution citoyenne. Lisibilité dont seuls, aujourd'hui, bénéficient les grandes fortunes, capables "d'optimiser leur impôt" en jouant sur les 5 ou 600 niches fiscales, avec l'appui d'un coûteux expert du code des impôts, et en l'édulcorant, en outre, par des voyages ou transferts discrets vers les paradis fiscaux qui existent toujours.

Ces deux réserves sont très importantes. Leur prise en compte est capitale pour insuffler un caractère décisif au changement promis.
1. La menace d'une rigueur appliquée au peuple, perpétuellement reconduite, payant les libéralités que se sont offertes les financiers, ne sera pas acceptée.
2. Et une nouvelle fiscalité non lisible, mal pesée, sera interprétée comme une éternelle course à l'enrichissement des puissants au détriment des faibles.

Oui, ces deux réserves sont d'une importance essentielle. Elles peuvent mettre en balance le vote d'un nombre d'électeurs précieux, au moment crucial, devant l'urne.
Ne jamais oublier, enfin, que le manque de fermeté et de radicalité du discours de la gauche, a été souvent ressenti comme une faiblesse ou un manque de conviction, entraînant ainsi une frange de l'électorat populaire vers l'abstention, ou le vote pour l'extrême droite.