dimanche 12 février 2012

Retour sur terre et l'occasion manquée

Après l'immense enthousiasme justement soulevé par le meeting réussi du Bourget et son excellent discours de 1h30, le calme de la raison revenu avec l'énoncé du programme du Candidat François Hollande, sa lecture et sa relecture étant effectuées, il reste dans mon esprit deux réserves dont je n'ai pu encore me libérer.
La première réserve concerne le désendettement de la France que ce programme reconnaît comme un impératif inconditionnel. Par une comparaison hardie et fausse avec la dette d'un ménage, les media et les économistes attitrés des écrans TV, ont inculqué au peuple la pensée unique que ce peuple devait lui-même accepter tous les plans de rigueur, les diminutions de salaires, de retraites, de prestations sociales, en punition logique des excès dont se sont rendus coupables les financiers spéculateurs et les PDG, goinfres insatiables, repus à satiété de bonus, stock-options, retraites dorées et chapeaux, laissés à disposition de cette aristocratie couverte de privilèges d'un autre temps.
Nous n'avons pas oublié la profession de foi du MEDEF, qui proclamait triomphant, en 2007 :
" Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance".
La démolition de ce programme avait déjà commencé avant N.Sarkozy, mais celui-ci y a rajouté sa touche personnelle et lourde. Il n'est plus nécessaire de rappeler les méfaits de ses gouvernements qui ont semé en France, durant cinq ans, l'injustice, le chômage, le creusement de la dette, la désorganisation des services de l'Etat, la destruction de l'école, la désindustrialisation du Pays, plongeant dans une angoisse profonde les classes populaires et moyennes.

Devant ces dégâts et contre la pensée unique "du peuple payeur", on aurait aimé voir le programme du Candidat plus directement impliqué dans une nouvelle nuit du 4 Août, et dédouaner le peuple de toute responsabilité dans le creusement de cette dette souveraine, et imposer franchement aux seuls financiers le rachat de la très grande partie de celle-ci, selon le grand principe formulé par N.Sarkozy lui-même, selon lequel, "les casseurs doivent être les payeurs".
Oui, de tous ces dégâts, le programme du Candidat devait clairement et nettement en désigner les responsables ou bénéficiaires, et justement les désigner comme les payeurs, et eux seuls.

Reste également le lourd désaccord, mal dissimulé, entre N. Sarkozy et A. Merkel au sujet du rôle de la BCE, dont le rôle devrait, en bonne logique, être semblable à celui de la Fed Américaine. On aurait souhaité sentir davantage d'audace dans la perspective de la nouvelle rencontre et confrontation Hollande - Merkel, qui s'annonce. Là encore, un impératif : Volonté et courage, en signalant le déséquilibre commercial entre la zone Euro et l'Allemagne, au bénéfice de celle-ci.

Et puis enfin, la dernière réserve soulevée : La pusillanimité de Michel Sapin ou Jérôme Cahusac s'agissant de la future réforme fiscale, et en particulier la réforme de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP).
Si la fusion de l'IR avec la CSG est la bienvenue avec la révision des tranches et des taux sur les tranches supérieures, on reste sur une déception : Celle de ne pas voir se mettre en place immédiatement et complètement la réforme ingénieuse imaginée par Thomas Piketty dans son livre co-produit " Pour une révolution fiscale".
Cette réforme ainsi appliquée eût donné un retentissement historique à ce nouveau gouvernement de gauche. Je crois qu'il y a là une grande occasion manquée qui eût permis, à chaque Français, une lisibilité nouvelle sur son impôt , mettant également en clarté la juste et progressive répartition de cette contribution citoyenne. Lisibilité dont seuls, aujourd'hui, bénéficient les grandes fortunes, capables "d'optimiser leur impôt" en jouant sur les 5 ou 600 niches fiscales, avec l'appui d'un coûteux expert du code des impôts, et en l'édulcorant, en outre, par des voyages ou transferts discrets vers les paradis fiscaux qui existent toujours.

Ces deux réserves sont très importantes. Leur prise en compte est capitale pour insuffler un caractère décisif au changement promis.
1. La menace d'une rigueur appliquée au peuple, perpétuellement reconduite, payant les libéralités que se sont offertes les financiers, ne sera pas acceptée.
2. Et une nouvelle fiscalité non lisible, mal pesée, sera interprétée comme une éternelle course à l'enrichissement des puissants au détriment des faibles.

Oui, ces deux réserves sont d'une importance essentielle. Elles peuvent mettre en balance le vote d'un nombre d'électeurs précieux, au moment crucial, devant l'urne.
Ne jamais oublier, enfin, que le manque de fermeté et de radicalité du discours de la gauche, a été souvent ressenti comme une faiblesse ou un manque de conviction, entraînant ainsi une frange de l'électorat populaire vers l'abstention, ou le vote pour l'extrême droite.

mardi 24 janvier 2012

F.Hollande du 22/01/12, Excellent !!! Editoriaux prudents des media le 24/01/2012

. C'est normal,… Dès qu'à gauche, une voix forte s'élève avec courage, bouscule les règles néolibérales qui ligotent les sociétés occidentales depuis trente ans, dès qu'une voix commence à soulever l'enthousiasme d'un peuple prêt à s'engager dans un combat décisif pour la libération, la solidarité, l'égalité des chances, il y a, et il y aura toujours, des faux amis qui, craignant pour leurs privilèges égoïstes, se feront entendre montrant du doigt le chemin nouveau comme dangereux, semé d'embûches, et même, impraticable.
. A ces éditorialistes, il faut répondre qu'à toutes les périodes de renouveau national, se sont regroupés des défaitistes, des frileux, des peureux, des privilégiés du système mourant, prêts à s'accrocher, effrayés au moindre trouble apporté à leur tranquillité mesquine.
Il est temps , au contraire, que tous ceux qui se sentent sincèrement et profondément de gauche, apportent leur souffle au monde nouveau qui se lève. Et que les craintifs, les privilégiés masqués se taisent définitivement et laissent se construire un monde futur par ceux qui ne se sont jamais soumis à l'injonction indépassable de la finance apatride : "Il n'y a pas d'alternative".

. Assez de ces colonnes de journaux, de ces heures d'antenne radio ou télé, offertes aux économistes financiers incapables de prévoir les crises systémiques périodiques que l'on fait payer aux couches populaires de la population , assez de ces professeurs de "Haute Finance" qui osent nous parler de "la Finance représentant les emplois de demain", mais cachent soigneusement la Finance dont ils profitent et "qui produit les chômeurs, les précarités et les misères d'aujourd'hui".

. Souhaitons que les journaux de gauche suivent les traces du journal "COMBAT" de la libération, plutôt que celles du "PARISIEN". Le journalisme a une haute fonction : celle d'informer, mais aussi celles "d'éclairer et guider", plutôt que celles "d'effrayer et freiner". Celle ,aussi, de redonner le pouvoir au POLITIQUE ELU, responsable du bien public, plutôt qu'aux financiers apatrides à la voracité insatiable cachant leurs trésors, volés au peuple, dans des paradis fiscaux.

jeudi 12 janvier 2012

Le scandale du logement.

.Se loger, se nourrir, s'éduquer, et travailler, pour être reconnu vraiment Personne Humaine dans toute sa dignité.
.Voilà ce que la société républicaine devrait assurer à chaque homme ou femme et à leur famille, voilà ce que le combat militant des partis de gauche devrait ambitionner sans dévier jamais . Ces quatre objectifs doivent être scrupuleusement visés, étant entendu qu'en dehors de cette règle, il n'y a que renoncement ou trahison.
.C'est bien la raison pour laquelle j'ai toujours placé le problème du logement au premier rang des préoccupations du militant de gauche d'aujourd'hui. C'est aussi la raison pour laquelle je ressens aujourd'hui une honte véritable à constater qu'il faille attendre l'éclat d'une vedette "people", Eric Cantona, (sympathique, mais "people" tout de même), pour attirer l'attention des Candidats à l'élection présidentielle sur ce problème qui devrait être, depuis longtemps, l'objectif n°1 des programmes de gauche.
.Je rappelle, humblement, que dès le 06/08/08, j'écrivais sur ce blog un texte au sujet de la crise du logement et la nécessité de mettre toute l'autorité et les moyens de l'Etat à la résolution de ce problème, devenu depuis 50 ans, un indéniable "scandale", à force de négligence.

.Sociologiquement, un grand cadre d'un parti de gauche est le plus souvent le produit abouti d'un cheminement traditionnel : jeunesse dans une famille très bourgeoise, excellentes études, grandes écoles conclues par un passage à l'ENA, et enfin, obtenant un haut poste ou une haute fonction sous les plafonds dorés de la République, dans de grandes administrations ou services de l'Etat, dont il apprendra à connaître tous les rouages et la finesse de leur utilisation. Voilà, à peu près, ce que j'en perçois, n'étant pas sorti, loin de là, du même moule.
.De ce constat, il ressort que le jeune, ou vieux, adhérent-militant du parti de gauche est immédiatement confronté à ce cadre-dirigeant, à ses analyses flamboyantes et ses directives péremptoires qui le mettent définitivement dans une position subalterne complexée, lui ôtant toute volonté d'expression. Cet adhérent est voué dès lors au suivi strict de la ligne définie par le chef, et à la distribution des tracts à la sortie du métro.
.L'idée se forge en haut et descend jusqu'en bas pour exécution.
.C'est bien là, où est l'erreur. Car, le militant-adhérent de base a très souvent "un vécu et un ressenti" de la société et du monde, totalement inconnu du haut cadre dirigeant, mais qui sont essentiels à connaître pour mener efficacement un combat politique de gauche, réaliste et sensé. Ignorer cette source de savoir est une faute qui mène aux plus graves désillusions, aux défaites. Le grand dommage est que ces désillusions entraînent aussi celles des électeurs qui ont sincèrement accordé leur confiance et espéré vainement des changements dans leur vie ou leur travail.

.Voilà ce que je voulais dire, en toute naïveté, et j'y ajouterai, pour faire bonne mesure quelques souhaits ingénus que j'osais formuler en août 2008.
1. Créer une banque nationale pour la construction de logements et l'octroi de prêts au logement à taux réduit ou à taux zéro pour l'acquisition du logement principal.
2. Bloquer les loyers et les prix de vente des logements pour stopper la spéculation.
3.Interdire les prêts au logement au delà de 15 ou 17 ans. Au delà, c'est vouloir l'asservissement des acheteurs modestes dont on fera des travailleurs muselés, et peu exigeants, à vie, contraints de sacrifier les études trop coûteuses de leurs enfants.
4. Entreprendre une politique nationale de construction de logements sociaux, y compris pour la classe moyenne, de 500.000 logts/an minimum, sachant que la rareté entretient la cherté et la spéculation.
5. Abolir la création des quartiers de pauvres et déshérités.
6. Faire cesser l'exil et l'éloignement des classes moyennes et populaires loin des centre-villes et vers les périphéries les plus lointaines.
7. Appel aux règles légales et volontaristes de préemption ou d'expropriation pour cause d'utilité publique sur les terrains et les immeubles vétustes et insalubres dans les villes et centre-villes.
8. Institution de taxes particulières ou pénalités fortes et tous moyens obligeant les communes à respecter leur quota de construction de logts sociaux.
9. Et tous moyens légaux ou à créer, susceptibles d'améliorer , compléter, ou renforcer les dispositifs actuels, manifestement insuffisants, pour les rendre opérants et efficients.

.Une volonté politique intransigeante est indispensable pour corriger la situation du logement actuelle, inacceptable et honteuse où des êtres humains vivent dans une promiscuité et une insalubrité indignes, quand ce n'est dans des camps de camping , ou pire, dans des voitures ou dans la rue. Les politiques doivent agir avec courage et fermeté pour le respect de l' Humain et non plus, comme ces trente dernières années dans l'adoration du veau d'or et la satisfaction de l'avidité des financiers et des spéculateurs.
.REMETTRE L'ECONOMIE AU SERVICE DES HOMMES, EST DEVENU UN OBJECTIF IMPERIEUX. L'oublier serait faire preuve d'une légèreté coupable, et laisser la société française à une dérive fatale vers le Front National. SUR CETTE SITUATION SCANDALEUSE, LA RESPONSABILITE DE LA GAUCHE EST ENGAGEE.

samedi 7 janvier 2012

Le jeu : fonction sociale et but politique.

J'ai déjà parlé dans mon texte précédent de l'explosion des jeux dans la société française moderne et cela sur tous les media. Passons….

Le succès étonnant des jeux à promesses de gains d'argent, provient directement d'une profonde frustration sociale gagnant un très grand nombre de Français, qui ne considèrent plus le travail comme la source nécessaire et suffisante pour assurer les besoins essentiels d'une vie normale pour eux et leur famille. L'évolution de la société ayant montré depuis trois décennies que le travail n'offrait que faux espoirs et illusions déçues constamment aggravés par le spectacle éhonté et arrogant d'une caste oligarchique accaparant des richesses faramineuses prises sur celles produites par les travailleurs, il était normal que le peuple se tournât vers des sources d'espérances plus généreuses. Or, en terme de générosité, les jeux offerts par les média sont, pour certains, époustouflants. Quelques chiffres inscrits sur une grille et on vous promet un gain de plusieurs millions d'Euros !! Que rêver de mieux. Sans bouger de son fauteuil !!…
On ne dira rien sur le nombre de joueurs par rapport au nombre de gagnants, cela n'est qu'un détail, à côté de l'espoir glissé pour un soir ou deux dans le cœur des gens. Cet espoir, important, sert à faire patienter les malheureux et miséreux qui depuis longtemps ont compris que, même les revendications syndicales, menées par des organisations multiples et divisées, n'offrent depuis longtemps, que peu de résultats positifs, mais des déceptions nombreuses.
Et ainsi, l'idée même de révolte s'est perdue dans l'abêtissement du jeu.
La fonction sociale du jeu est atteinte : Le peuple joue, attend, patiente. Le calme social est installé définitivement.

Dès cet instant, l'apathie du monde du travail étant acquise, le pouvoir politique est libre. Libre d'amplifier sa dérive économique privilégiant une caste : Celle des fortunés, véritable oligarchie imposant ses désirs au pouvoir politique qui exécute ses ordres, et assure même sa reproduction par l'héritage et par la transmission du savoir.
Ce pouvoir systémique, renforcé, garanti par les jeux et les faux espoirs, maintient la classe populaire dans un état de prostration politique, qui lui interdit, à vie, tout espoir d'épanouissement humain. C'est le prolongement à travers les siècles de l'antique formule romaine : "du pain et des jeux", qui nous laisse penser, par ses exagérations modernes, que le pouvoir d'aujourd'hui est en train de s'économiser le pain.

On peut dire, pour conclure, que les jeux d'argent et les loteries sont, comme les drogues et l'alcool, un vice qui conduit aux pires addictions et devient un moyen infaillible pour réduire et affaiblir les défenses des classes populaires, des travailleurs, en leur ménageant de faux espoirs, ces vrais tranquillisants.
Le jeu d'argent est l'opium immoral et destructeur du peuple, qui finit par y perdre toute volonté et toute dignité. La voie est libre et dégagée, alors, au pouvoir financier dictatorial des "agences de notations" privées pour faire, à leur gré, monter les taux des emprunts obligataires des états, qui enrichiront sans limites les banquiers et leurs "marchés", et imposeront, en compensation, des cures successives de rigueur aux travailleurs . Les effets de cette escroquerie scandaleuse viennent s'ajouter encore à la désespérance du "peuple inférieur", --- comme l'appelait "George Orwell" dans son livre "1984"--- , qui ne peut espérer "aucun changement, que le changement du nom des maîtres".
Le but politique est atteint : Le pouvoir politique, élu par le peuple, n'existe plus !!!…

Comment s'étonner ,alors, qu'aux élections, ce peuple s'abstienne en grande masse, ou se réfugie dans un vote protestataire, celui de l'extrême droite dont il est incapable de mesurer, pour lui-même, les néfastes perspectives.

samedi 24 décembre 2011

Les Français, peuple fier et rebelle ?....Vous voulez rire !...

La France est plongée dans des crises sans fin. Depuis trois ans. Crises de l'Euro, de la dette souveraine, du déficit budgétaire, du chômage des seniors, des jeunes, de la recapitalisation des banques, du déficit de la balance commerciale, de la désindustrialisation, des délocalisations, du déficit de la sécu., du logement, etc…on n'en finirait pas de lister tout ce qui fait crise en France. Et voilà que pour y remédier, des agences de notations sans y être invitées, "ordonnent" à notre gouvernement d'appliquer aux Français plusieurs plans de rigueur successifs censés corriger toutes les causes de ces crises….Et bien, tenez-vous bien, un sondage paru dans la presse, il y a quelques jours, affirmait que les Français se considéraient globalement et majoritairement HEUREUX..!!..HEUREUX…!!

Réagissant à cet état de crises multiples, le Président Sarkozy lançant sa campagne électorale, a trouvé un slogan nouveau : "Achetez Français". A cela le candidat de gauche a rétorqué :"Produisez Français". …Réfléchissant à cet encouragement et sachant que produire ne sert à rien si les Français n'ont pas d'argent pour acheter, j'ai pensé au slogan alternatif suivant :"Produisez et exportez Français". Ce qui serait très bon pour la balance commerciale.

Chacun se souvient du slogan époustouflant d'ingéniosité du candidat de 2007 :"Travailler plus pour gagner plus". On a vu le résultat après cinq ans d'application: Chômage, déficits, dette, tout cela en augmentation, et le pouvoir d'achat des Français des classes populaires et moyennes, en diminution.
Heureusement, il y a les jeux…!! A la radio, à la télé, chez les buralistes, les libraires, dans les magazines, sur les téléphones portables, sur internet, partout , on vit une véritable explosion de jeux de toutes sortes, vous offrant des gains possibles de milliers, de dizaines de milliers , de millions d'Euros. Mirobolant..!!!…Et tout le monde joue. Les Français ont compris que la seule solution d'avenir était : "Jouer plus pour espérer gagner plus." Le Français est devenu un peuple joueur…HEUREUX..!!..

Le jeu, le sport, le football….Le football n'est qu'un jeu. C'est pourtant quelque chose de très sérieux, qui permet à certains de faire fortune. Je ne vais pas ici répéter ce que chacun sait : les footballeurs ont des revenus extravagants..!…Mais, avez-vous vu l'hystérie collective qui a saisi la presse et le public de France à propos de la venue à Paris d'un anglais footballeur et son épouse spice girl ? De la folie !!!.. sans compter le salaire promis à ce joueur, 800.000 Euros /mois. Refolie..!!
Et bien je vais vous avouer : Je me sens intellectuellement en accord avec J.L. Mélenchon, lorsqu'il déclare ne pas s'intéresser à ce jeu qui rassemble 50.000 braillards, un bon nombre d'entre eux étant smicards ou chômeurs, s'enthousiasmant à voir une vingtaine de millionnaires courir après un ballon. Ces riches joueurs, en général Français, menant leur activité professionnelle en France, mais se muant subrepticement en suisses ou monégasques, lorsqu'il s'agit de fiscalité.
Les Français jouent et admirent des joueurs…..HEUREUX..!!…Tous !...

Il n'y a pas de quoi rire. On est obligé de constater un notable abaissement moral d'un peuple, rendu incapable de faire le moindre examen sur soi , sur son passé, d'entrevoir et imaginer son avenir par l'effort, le travail, dans la dignité.
Le capitalisme financiarisé a pourri la société et a délité la Nation. Nation explosée, où très tôt les postes sont filtrés par le Fric. Voyez le coût des études supérieures, Grandes Ecoles, Facultés, le filtre agit efficacement. Voyez aussi l'école primaire et les collèges laissés en déshérence. Oui, vraiment, notre société est profondément altérée, sa solidarité éclatée.
C'est pourquoi, le Candidat de la gauche, les futurs députés de gauche, les futurs ministres de gauche, doivent être clairs dans leurs programmes, leurs promesses. Ils doivent s'engager à faire ce travail urgent et nécessaire : Un immense et herculéen nettoyage des écuries du capitalisme et de la finance, nettoyage aussi des mentalités trop soumises, sans lesquels aucune crédibilité ne leur sera accordée.
Hors cette remise en cause fondamentale, les militants les plus fidèles pourraient se demander " pourquoi voter ?". Hors cette remise en cause fondamentale il n'y aurait bientôt plus qu'à oublier les principes de la République, et graver au fronton des monuments, des écoles, des facultés, des stades et des casinos :
"Les jeux aux pauvres , le savoir et le pouvoir aux riches".

dimanche 18 décembre 2011

Quand la liberté dans la misère ne suffira plus.

S/titre : Deux révolutions géniales du capitalisme.

Le capitalisme est un système économique mis en place pour profiter aux riches qui deviendront, grâce à lui, de plus en plus riches en exploitant le travail des gens pauvres condamnés à le demeurer.

Tout a commencé il y a très longtemps, dans l'antiquité où des soldats vainqueurs enrichis à la guerre par les pillages, eurent l'idée de ramener chez eux des prisonniers ennemis (hommes et femmes), qu'on a appelés "esclaves".
Ces esclaves ont été reconnus immédiatement "propriété du maître", par une loi émanant de l'autorité suprême du pays. Très vite, les guerres étant très fréquentes, il y eut un grand nombre de maîtres propriétaires, et un plus grand nombre encore d'esclaves des deux genres, tant et si bien qu'à force, se créa un grand marché de l'achat, de l'échange et de la revente de ces esclaves.
Mais cette méthode d'enrichissement trouva bientôt sa limite. Aller à la guerre, combattre, échapper à la mort, faire des prisonniers, tout cela n'allait pas sans risques. Alors, des bourgeois, riches, inventifs, créèrent une nouvelle méthode de "création de richesses". Ils armèrent des navires et depuis les ports d' Europe, (Bordeaux, Le Havre,…) allèrent jusqu'en Afrique s'emparer de centaines et de milliers d'hommes et femmes indigènes noirs, immédiatement entassés à fond de cale sur les navires, qui alors mirent le cap à l'ouest pour débarquer leur précieux "capital" en Louisiane et plus généralement partout où de riches propriétaires avaient des terres à cultiver.
J'ai bien dit " CAPITAL". Car en effet, ces êtres humains désormais esclaves, étaient PROPRIETE de leurs maîtres et devaient travailler leur vie durant à l'enrichissement de ces maîtres. C'est sans doute de là qu'est venue l'expression: "Faire travailler son capital".

Cependant, ce capitalisme originel, comportait un défaut. On s'aperçut que ce capital s'usait, se fatiguait, vieillissait, tombait malade, il fallait le soigner, le nourrir, le vêtir, le loger, et aussi, malgré ces soins, mourait. Tout cela avait un coût qui a vite été jugé excessif et ennuyeux. Au point que les capitalistes ont fini par céder aux recommandations des organisations charitables exigeant l'affranchissement des esclaves, qui, selon elles, devaient devenir hommes et femmes libres..... C'est ce qui arriva.
-------"Là, se produisit la première révolution géniale du capitalisme".
Celui-ci accepta d'offrir la liberté aux esclaves qui devinrent des salariés.
Dès cette modification de statut établie, les affranchis devant par leurs propres moyens trouver le gîte et le couvert pour eux et leur famille, furent contraints d'accepter le travail que proposait leur ancien maître pour un salaire très bas et non négociable….Il fallait bien vivre….
Mais, pour le capitaliste, quelle modernité !…Et quelle affaire!.. Plus de soins à fournir aux travailleurs. Les salariés, libres, en faisaient leur affaire. Rien qu'un salaire qui se fixait autoritairement. Et si un salarié était mécontent, on le renvoyait et il se trouvait vite remplacé par un affranchi nouveau sans travail et réduit jusqu'ici à la mendicité….
Et, ainsi, des siècles s'écoulèrent…..

Le capitalisme subit, entre-temps, quelques évolutions et modifications de détails, d'apparence plutôt, comme celle imposée par la féodalité, où les paysans-laboureurs et leurs familles étaient liés à la terre du seigneur, devaient à celui-ci la très grande partie du produit de leur travail et ne conservaient pour eux que le produit de la terre strictement suffisant pour nourrir leur famille et payer les impôts ( taille, gabelle…) Mais , cette évolution vers le servage ne fut pas fondamentale, et la forme d'exploitation des grandes masses de salariés s'est maintenue et amplifiée jusqu'au 20ème siècle.
C'est alors que se produisit une expansion extraordinaire du système capitaliste, une véritable explosion sous sa forme financiarisée, dans un grand déploiement mondial, avec liberté totale de circulation des marchandises et des capitaux, sous l'impulsion de ses deux grands-prêtres, serviteurs-pourvoyeurs, Reagan et Thatcher. Dès lors, pour les capitalistes, le champ d'action fut le monde, sans contraintes, sans frontières et sans contrôles.
Cette liberté étant instituée, le seul souci qui subsistait était de trouver des travailleurs en quantité considérable pour faire tourner et produire les usines, les fabriques, les ateliers, les manufactures. De grandes réserves humaines sont, en effet, utiles et souhaitables pour maintenir les salaires dans des limites raisonnables.
Pour cela, on avait trouvé une solution au sortir de la deuxième guerre mondiale et des guerres coloniales. On fit venir par dizaines et centaines de milliers les travailleurs des anciens territoires colonisés, alors libérés, mais ces déplacements en masses, s'ils permettaient de tenir les salaires payés par les entreprises, finissaient par coûter cher à l'Etat, en soins et en logements , car il a bien fallu admettre le regroupement familial auprès de ces travailleurs, par souci moral et sanitaire. Mais tout cela, encore, finit par poser problèmes aux entreprises et peser indirectement sur leurs résultats, chose inacceptable pour les capitalistes.

........... "Là, est intervenue la deuxième révolution géniale du capitalisme".
Profitant des facilités de déplacement offertes pour les capitaux et les marchandises, les capitalistes, ayant compris qu'ils n'étaient pas très avertis à la maîtrise des déplacements en masse des populations, et qu'il leur fallait pour cela recourir à l'aide des états dont la bienveillance à leur égard n'était pas toujours sûre, ont donc décidé de laisser les travailleurs là où ils étaient. Dans leur pays. Et ils firent voyager leurs usines, leurs ateliers, leurs manufactures, leur bureaux d'études, leurs centres d'appel, leurs sièges, leurs holdings, etc…..
C'est ainsi que les lieux de travail ont rejoint les lieux de résidence des populations nombreuses, pauvres, oisives, miséreuses, prêtes à accepter n'importe quelles conditions de travail, pour n'importe quel travail, pour n'importe quel salaire. C'est ce qui s'appelle mettre en concurrence libre et faussée des travailleurs déjà appauvris des pays riches contre des travailleurs très misérables des pays pauvres.

Ce régime sera évidemment imposé au monde, jusqu'à ce que s'établisse un étiage équilibré dans la situation des travailleurs de tous les Pays du monde.
On peut affirmer que cela n'est pas pour demain, et que les usines n'ont pas fini de voyager…..Jusqu'à ce que le capitalisme trouve une troisième révolution juteuse à imposer au monde….A moins que des populations nombreuses lasses de s'indigner inutilement, sentent la nécessité de regagner leur dignité par la révolte,….…………..leur liberté dans la misère sociale ne leur suffisant plus…....

mercredi 7 décembre 2011

Mais, où sont les indignés Français ?

.Depuis trente ans, la religion néolibérale de Reagan et Thatcher s'est étendue sur le monde, et loin de se satisfaire de son mondial et universel triomphe, elle s'est protégée de toute contestation, d'où qu'elle vienne, par son premier commandement : "il n'y a pas d'alternative". Pour en arriver à cet unanimisme moutonnier planétaire, elle a été secondée par les troupes bien armées de la très grande majorité des media de tous types, papier, radio, télé, qui ont, à satiété, diffusé sa loi, sa vérité suprême, sa pensée unique. De "grands" spécialistes, économistes au langage secret, dont la volonté anti-pédagogique était devenue évidente, journalistes spécialistes de l'économie, politiques qui tentaient maladroitement de cacher leur ignorance et leur désarroi, tous indiquaient que le monde était soumis irrémédiablement à ce seul projet d'avenir, doctement répété :
........"Il n'y a pas d'alternative".......
Aujourd'hui, nous en sommes rendus au bilan Français suivant :
2.815.000 chômeurs. 8 millions de pauvres. 25% des moins de vingt-cinq ans au chômage. Croissance inférieure à 1% du PIB. Dette prévue pour 2011, 85,4 % du PIB, soit 1750 Mds d'Euros, (ou 27.000 Euros environ par Français, enfants compris) . Balance commerciale déficitaire de 75 milliards d'Euros. 750.000 emplois industriels perdus ces dix dernières années.
Devant ce bilan désastreux, inouï, qui a été gravement alourdi ces cinq dernières années par le gouvernement Sarkozy-Fillon, celui-ci nous sert invariablement son excuse rituelle : "La crise est passée sur nous".

Cette crise est venue des USA causée par la folie de spéculateurs (subprimes) et a envahi le monde à la faveur d'une liberté totale de circulation, sans contrôles ni régulations, de masses financières spéculatives énormes, constituant à elles seules une économie parallèle virtuelle de casino, qui est venue gangrener gravement et durablement l'économie réelle, celle qui nourrit les Hommes et les familles.
Depuis, pour réparer les dégâts, les politiques ont trouvé leur seul et unique outil : La rigueur pour les peuples. Ces politiques ne disent rien sur les responsables de cette crise énorme qui coûte et coûtera encore beaucoup aux travailleurs des classes moyennes et populaires. Ils savent faire des lois de sécurité contre les voleurs d'oranges, mais n'osent pas mettre hors d'état de nuire et faire payer ces spéculateurs qui sèment la misère dans les familles sur des continents entiers. L'impuissance de ces politiques vient d'une soumission volontaire, qui apparaît comme ce qu'elle est : une collusion d'intérêt avec ce monde de la spéculation .

Alors, oui, devant cet état du Pays, on peut s'interroger :
" Où sont les indignés ?"
Afin que naisse ce mouvement des indignés, il faut :
- Que le peuple du travail prenne conscience de son propre abaissement devant le pouvoir de l'oligarchie, et des injustices que celle-ci lui impose.
- Qu'il retrouve confiance en soi et la légitime volonté d'obtenir la juste part des richesses qu'il produit.
Cela paraît simple, mais encore faut-il ouvrir les yeux, regarder comment tourne le monde, et voir qui le fait tourner. Cela demande un effort d'observation et d'information, sans lequel on se condamne à rester mouton et à subir.
Facile à dire…S'informer…Comment ? Pour cela, il faut du temps, et quand ce temps se partage déjà entre le travail et la famille, les enfants….Et puis, il y faut de l'argent car le JT ce n'est pas suffisant, et acheter journaux, revues spécialisées, livres, cela coûte cher….et quand on a un travail mal payé ou à temps partiel….quand on est au chômage….quand on a faim, la quête de nourriture ou d'un emploi empêche tout autre souci et même la vue des causes de sa propre déchéance….
Victor Hugo avait déjà senti l'écueil du temps, et du savoir. Il nous dit :
…"Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre…"
( A ceux qu'on foule aux pieds. V.H.)

Je ne résiste pas au besoin d'ajouter deux mots concernant les journalistes, dont beaucoup exercent leur métier avec compétence et courage. Cependant, certains d'entre eux, trop nombreux, apparaissent mieux doués pour fouiller les secrets des alcôves ou des grands hôtels, que pour éclairer les gens en démontant les mystères de la titrisation, des produits dérivés, de la vente à découvert, et de la spéculation financière mondialisée. Là aussi, on peut voir la marque d'une collusion : l'oligarchie n'a jamais eu intérêt à favoriser la lucidité du peuple.