mercredi 25 juillet 2012

Où va la Société Française ?

         Le titre du Libé. du 24/07/12, "A quoi sert Arnaud Montebourg?", montre bien dans quel conformisme "néolibéral" les Media Français ont laissé se noyer leur esprit critique et analytique. Les Media et la majorité des Français avec eux, admettent définitivement que la parole politique ne compte pour rien face à celle des financiers, des banquiers et des PDG. On voit là, combien le pouvoir démocratique s'est déprécié. Le Politique, élu du peuple souverain, quelle baliverne !!!… Arnaud Montebourg est considéré par eux, comme une hérésie néolibérale.
          Avant de préciser ce que le Ministre peut faire aujourd'hui, il est utile de faire un point rapide sur la France laissée par le quinquennat précédent et ses divers ministres de l'emploi, du budget, de l'industrie, et de l'éducation aussi.
· Une casse industrielle de 750.000 emplois sacrifiés.
· Un chômage de 10% représentant des travailleurs sacrifiés sans formation de reconversion.
· Un déficit commercial de 75 milliards d'Euros/an.
· Une dette de 86 milliards d'Euros.
· Un déficit budgétaire et celui de la Sécurité Sociale sans perspective de maîtrise.
· Une école d'où sortent 150.000 jeunes sans formation chaque année.
· Des quartiers et cités où les jeunes vont à la dérive de tous les trafics et où toutes les politiques de la ville    ont échoué, depuis 30 ans.
· On parle aujourd'hui de 50 milliards d'Euros/an perdus en évasion fiscale.
· Etc…mais que de connivences et de complicités dans tout ce gâchis….
          Il n'est jamais inutile de s'arrêter sur l'école et de vérifier si les préceptes du civisme, de la solidarité, de l'éthique, sont bien ceux qui fondent la formation des jeunes cerveaux, des nouvelles mentalités aptes à forger une société d'avenir, prête à accueillir tous les Français dans le souci du partage, du bien commun, et de l'épanouissement de chacun. Il y a là un travail de fond à entreprendre sans tarder, car c'est tout le contraire qui se développe aujourd'hui : la recherche du gadget le plus cher, celui que le voisin n'a pas encore, course à la consommation débridée sans besoin essentiel, mais dans le seul souci du "paraître". Les jeunes ont vite appris que, de nos jours, la possession fait l'Homme et lui attire considération et pouvoir.

          Ainsi, notre Société Française s'effondre, se perd , se délite. Elle n'a plus de force civique, d'éthique, de morale à opposer au néolibéralisme et sa finance mondialisée . Ni même cette solidarité qui fait la force des vieilles sociétés primaires. Celles-ci, malgré leur pauvreté, savent mieux que nous , les riches, les modernes, les savants, les possesseurs de tant de gadgets futiles, conserver leur cohésion, leur unité, leur culture, leur sens de la famille, leur sens du partage, leur âme. Les richesses que leurs mains ne peuvent tenir, elles les ont dans le cœur.

          Il est urgent que les nouveaux Ministres disent STOP à cette société que les gnômes technocrates de Bruxelles, non élus, soumis au lobbying effréné, sans pudeur , des financiers , banquiers et PDG des grandes firmes, ouvrent les yeux sur une Société qui s'effondre. Bruxelles et son néolibéralisme mondialisé ont déjà fait trop de mal , l'insoutenable est là. Leurs règles tuent les Travailleurs Européens du Sud, et rendent leurs intérêts indéfendables devant ceux de la finance et du grand capital. Un jour, bientôt, si Bruxelles continue inexorablement son travail de destruction des Travailleurs du Sud, il faudra que ceux-ci se lèvent et repensent cette Europe, aujourd'hui dévoyée. Ce sera leur Grand-oeuvre.
       
           Il est bon qu'un Ministre ait eu le courage, enfin, de faire entendre la voix du Politique. La voix de la finance et de ses valets n'a que trop claironné son omnipotence, portant l'hymne universel du néolibéralisme mondialisé : " Ce monde, où seuls circulent librement les riches et leurs capitaux, nous n'en voulons pas ".   
          Merci, monsieur le Ministre d'avoir montré que le "Politique" avait encore une voix. Maintenant, il convient de montrer que le Politique est prêt à retrouver sa prééminence sur la finance et les affaires, et qu'il " peut beaucoup ", et même, qu'il "peut tout ", et , s'il le faut, que les armes des nationalisations et des expropriations pour cause d'utilité publique sont toujours disponibles….ou encore, qu'une TVA dissuasive pourra s'appliquer sur les produits entrant en France, exerçant une concurrence complètement faussée et déloyale sur nos produits.  L'Europe s'y fera ; elle a bien consenti des aménagements spéciaux et généreux à Mme Thatcher, pourquoi pas à la France ?

mardi 10 juillet 2012

L'excès de richesse n'est pas innocent

         S/titre: L'oligarchie n'autorise plus la démocratie et le partage social.

Depuis qu'il est sur terre, l'Homme a pu subvenir à ses besoins par son activité , son travail, sa créativité, son génie. Toute richesse, ceci est une évidence intuitive, naît du travail de l'Homme. Aussi intuitivement, on sent bien que tout groupe , toute société d'individus, ne peut survivre dans une paix harmonieuse que si ces richesses produites sont réparties de façon juste et égalitaire entre eux, c'est à dire à chacun selon ses besoins et selon ses efforts.
Or, il se trouve que depuis des millénaires et des siècles, des Chefs alliés à des Grands-Prêtres ou Sorciers, ont conjugué leur puissance physique et magique, pour s'octroyer personnellement une part notablement supérieure des richesses produites par le groupe, et bien au-delà de leurs besoins réels. Le principe égalitaire s'est rompu……Ensuite, l'humanité a dérivé vers une société duale inégalitaire, l'aristocratie régnante, d'une part, le peuple travailleur, producteur de richesses, d'autre part. Ce système fut remplacé par le capitalisme, où le partage injuste se poursuivit entre les travailleurs et les capitalistes. Le fond de cette dérive inégalitaire fut atteint au XXème siècle, lorsque Reagan - Thatcher et leurs dignes successeurs Bush et le couple Merkozy, ont promu les financiers comme bénéficiaires principaux et quasiment exclusifs des richesses produites, dans le carcan d'un nouveau système  capitaliste, financiarisé et mondialisé, dit "néolibéral". Ainsi, est née une Oligarchie  qui accapare et détourne les richesses produites par le Peuple Travailleur, le domine, l'oppresse, l'écrase, le soumet à sa cupidité perverse et insatiable. Le pouvoir oligarchique est, alors,  devenu si puissant que le pouvoir politique, soumis par faiblesse, connivence ou complicité, finit par édicter des règles et des lois qui favorisent ces prédations et leur confèrent une apparence abusivement légale….LA DEMOCRATIE EST MORTE….
Nous sommes bien là dans un cas de détournement indu de richesses produites par des tiers, pouvant relever d'un recours judiciaire.
Cette oligarchie pillarde n'est pas seule en cause. Auront également à rendre compte de détournements, tous les valets zélés de cette oligarchie, PDG de ses fonds de placements divers, de ses banques, de ses salles de "marchés", de ses succursales nichées dans des paradis fiscaux assurant des aller-retours juteux et des opérations de transferts agréables, loin des yeux du fisc. Ces valets s'octroient des salaires indécents injustifiables de un, deux, voire trois millions d'Euros par an, agrémentés encore par des bonus, des retraites chapeaux, à-côtés pouvant atteindre plusieurs millions d'Euros. Tout cela s'assimile également et parfaitement à des détournements indus de richesses produites par des tiers, et donc passibles de poursuites judiciaires, au même titre que leurs employeurs. 
Il faut que la règle de l'offre et de la demande , la règle du "marché", la règle de la concurrence entre les Hommes et de la compétition de tous contre tous, toujours faussée au désavantage des travailleurs, trouve enfin une limite morale. Hors cette limite, il n'y aura plus de place que pour la révolte dans le Pays et la guerre entre les Pays. La gauche au pouvoir en France doit rebâtir l'autorité politique sur la finance et ses "marchés". Sinon, ce sera la révolte.

L'autre grand défi est celui de la croissance, croissance du PIB, ou de son  partage.
Croissance ! Croissance ! …jusqu'où ? Avec quelles matières premières, quelles énergies ? Il n'est nul besoin de s'étendre sur le problème des énergies fossiles. Chacun sait bien que leurs ressources vont diminuer, que les besoins des Pays émergents sont immenses , et que ceux-ci voudront, comme l'Occident, leur part de fuel et de gaz. En compensation d'un manque, on ne pourra pas espérer distraire des surfaces cultivables pour les affecter à la production de biocarburants. Il y aura très vite  priorité à satisfaire les besoins en nourriture pour une  population mondiale augmentant sans cesse.
Là encore, cette augmentation de population, jusqu'où ?…..
Face à la croissance que l'Occident  souhaite, viendront s'opposer les besoins et l'appétit  des Pays pauvres et émergents. Cette compétition se résoudra, soit par un partage négocié des ressources limitées, soit par la confrontation des forces, (notamment USA - Chine) , ou de la solvabilité des demandeurs. Pour qui connaît un peu l'Histoire des Peuples et la Nature Humaine, on devine comment cela se finira.
IL faut dès aujourd'hui abandonner l'idée inepte et dangereuse d'une croissance sans limite, et bien plutôt, commencer à reprendre  les richesses que certains  ont accumulées, au détriment d'une population laborieuse soumise au stress de la productivité, à l'angoisse du chômage et de la pauvreté. Ces richesses sont nées de la spoliation des pauvres et des humbles. Elles sont donc illégitimes et portent les stigmates de l'injustice et de l'immoralité.
Les rouages et les résultats mêmes de l'économie moderne et de sa financiarisation mondialisée se font les procureurs impitoyables des seigneurs, des aristocrates, des oligarques aux richesses indues.
Il n'y a pas d'aristocratie ou d'oligarchie innocente.

J'ai évoqué ci-dessus les besoins et prétentions légitimes des Pays pauvres et émergents, la nécessité d'un partage négocié des ressources, ou les risques de guerre. La guerre cela signifierait une 3ème guerre mondiale avec ses malheurs et ses morts. Ce serait la pire des catastrophes sans équivalent dans l'histoire du monde. Pour bien signifier aux Hommes ce qu'est une catastrophe, une guerre, un régime violent et dictatorial, les historiens, les sociologues, les économistes , les politiques ont , pour des raisons diverses, toujours su compter les morts causés par ces drames. Un seul régime n'a jamais été soupçonné de provoquer des morts : c'est celui du capitalisme, financiarisé ou non ….La crise de 29 ? Rien. La crise de 2007 ? Rien. L'amiante ? Un peu. Pourtant, si on cherchait bien, si les journalistes d'investigation si prompts à fouiller dans les alcôves, s'en donnaient la peine , en allant voir dans les taudis insalubres, les bidonvilles, les cabanes dans les bois , dans les rues , sur les trottoirs, sous des cartons, dans des voitures, des vieilles caravanes, parmi toutes ces misères éparses, disséminées, ces victimes de maladies non soignées, etc…,n'auraient-ils pas là, de quoi établir un décompte saisissant de morts, vrai réquisitoire cinglant apte à rabaisser la morgue de tous ces bellâtres financiers, banquiers, spéculateurs et de tous leurs valets zélés si bien rémunérés, et très décorés ?  Redisons :
Il n'y a pas d'aristocratie ou d'oligarchie innocente.

Un livre à lire : "Pour éviter le krach ultime" de Pierre Larrouturou.
                           Préface de Stéphane Hessel.         Ed. Nova éditions.

vendredi 22 juin 2012

L'Europe ?...En panne !!!...

                                    

 Les premiers constructeurs de l'Europe, au sortir de la guerre de 39-45, ont voulu inspirer aux Etats Européens et à leurs populations un nouvel idéal de paix , de coopération, d'amicale compréhension mutuelle en les amenant à cogérer ce qui , à l'époque, constituait le fondement inéluctable de la puissance industrielle et militaire, le charbon et l'acier. La CECA fut une grande et première  réussite européenne pour la paix entre Nations-sœurs partageant la même culture. Les rapprochements humains des peuples qui en ont résulté, favorisés par la croissance économique et les meilleures conditions d'existence, les congés payés par exemple, devenus la règle dans tous ces pays voisins, encouragés, de plus, par des voyages faciles, ont largement contribué à l'entente amicale des peuples européens entre eux, à leur meilleure connaissance réciproque.
Ce fut une belle période pleine de promesses où les côtoiements et mélanges estivaux ou professionnels des populations provoquaient compréhension , sympathie et même souvent  amitiés entre personnes et familles de nationalités différentes.
Il convient, néanmoins, de modérer cette optimiste satisfaction, car , si les aménagements politiques, financiers et monétaires qui ont suivi durant un demi-siècle, furent pensés et réalisés pour un fonctionnement de l'Europe, souple et acceptable pour tous, il y eut un oubli impardonnable qu'on n'a pas encore fini de combler et de payer : c'est celui de la formation et de l'éducation du "citoyen européen". Cette lacune originelle nous saute aux yeux aujourd'hui, en voyant surgir partout, dans chaque pays, aggravés par l'égoïsme congénital de l'ultra-libéralisme qui a perverti les esprits, des mouvements sociaux ou politiques lorgnant jalousement ou dédaigneusement sur les réussites ou les mécomptes des pays voisins, alimentant ainsi de dangereux et hostiles mécontentements.
La deuxième carence grave de cette édification imparfaite, fut de créer une monnaie commune, l'Euro, sans attribuer à la BCE les moyens statutaires  de piloter sa valeur par rapport au Dollar, et d'aider autant qu'il serait nécessaire les besoins d'investissement des pays, et  corriger ainsi, leur niveau de chômage, par un souci de veille économique globale en liaison avec les banques centrales de chaque Pays.  Cette carence ne pouvait que provoquer des disparités vives et dangereuses, sachant que chaque Pays, dès la création de l'Euro,  se voyait interdite, de facto,  toute dévaluation compétitive, qui constituait auparavant la correction ultime d'un trop fort dérapage économique par rapport aux Pays voisins. Sans aide de la BCE, les Pays en difficulté  se voyaient en outre défavorisés par la règle, incohérente et malvenue dans cette situation, de "concurrence non faussée".
Enfin, à cette Europe balbutiante mais enthousiasmante, il reste encore bien d'autres gros problèmes à résoudre pour en faire une entité globale solide que beaucoup souhaitent voir se réaliser. Listons- en les plus criants :
· L'harmonisation du système de protection sociale.
· Celle du système fiscal des personnes et des entreprises.
· Un système électoral démocratique pour le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif de l'Europe.
· Création d'un impôt et d'un budget européen avec ses lignes de crédit pour le fonctionnement et l'investissement bien identifiées.
 On est loin encore de l'Europe idéalement achevée, apte à fonctionner harmonieusement dans une paix sereine et solidaire. Cet  immense projet semble avoir perdu la magie de donner naissance aux grandes personnalités dignes de le faire s'épanouir. Il n'a connu depuis 15 ans que des couples de chefs d'Etats Franco-Allemands n'ayant rien hérité de leurs fameux précurseurs visionnaires et constructeurs qui les ont précédés. Les couples successeurs ont plutôt montré depuis 15 ans, leur  soin à se recroqueviller sur des soucis d'épiciers gérant leur boutique au jour le jour, petitement et sans vision, visant uniquement le renouvellement tranquille de leur mandat national…Alors ?...L'Europe ? Les "marchés", les spéculateurs s'en occuperont….Plus forts que les politiques démocratiquement élus, les "marchés" s'emploient à reprendre au peuple, toute sa protection sociale, si bien, si complètement, et si patiemment construite au fil du dernier siècle. D'ailleurs son grignotage a déjà commencé, orchestré par le couple Merkozy, depuis la crise mondiale généreusement essaimée sur le monde par les USA en 2OO7.( subprimes et ses conséquences).

Il serait temps que des voix fortes interpellent nos Timoniers importants Européens et clament que le peuple exige une Europe unie, fraternelle, solidaire, également prospère dans toutes ses parties, Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Irlande, ETC…comme la France et l'Allemagne, assurant un avenir décent et exaltant pour tous et pas uniquement doré et protégé pour quelques privilégiés, familles de  banquiers, de spéculateurs, de traders ou de PDG aux salaires indécents. Ces voix fortes doivent crier qu'il y a danger et que la seule perspective de rigueurs nouvelles ajoutées à la rigueur, ne peut que précipiter le peuple au désespoir, à la révolte, et l'Europe inachevée au délitement , perdue dans des rancoeurs de revanches malsaines et guerrières.
Où est le nouveau couple Franco-Allemand,timonier visionnaire, courageux, et constructeur dont l'Europe a un besoin urgent aujourd'hui ?


dimanche 3 juin 2012

Que veut Angela Merkel ?

                
Il est impossible qu' Angela Merkel ne puisse constater l'inanité de l'application de la règle d'or budgétaire aux pays du sud Européen après les cures répétitives d'austérité que Bruxelles et FMI réunis imposent depuis deux ans. Veut-elle asseoir pour toujours la suprématie Allemande sur l'Europe entière? A-t-elle en projet la reconstitution du grand Reich? Envisage-t-elle de ne plus considérer l'Europe du sud qu'en zone exclusivement réservée pour l'écoulement de ses productions industrielles et économiques de toutes natures ? Son obstination exagérée à  faire plier les Européens à sa seule volonté, nous conduisent inévitablement à ces hypothèses extrêmes.

Il est clair, depuis longtemps que la solution pour l'Europe réside aujourd'hui dans un saut fédéral important par une mission  nouvelle à confier à la BCE. Rappelons-nous, il y a de cela quelques mois : Le gouverneur de Californie abandonnait son mandat et laissait cet Etat croulant sous une dette abyssale. A ce moment, le gouvernement de Washington a-t-il menacé l'Etat de Californie de le sortir de la Zone Dollar ?  Non, la banque fédérale est intervenue,  a fait ce qu'il fallait, et les choses sont rentrées dans un ordre convenable pour tous, et surtout pour l'Amérique.
 Si Angela Merkel persiste dans son intransigeance  semant le chômage, la misère et les souffrances sur les Européens du sud, l'Allemagne ne pourra qu'en subir des contrecoups économiques et politiques préjudiciables pour elle-même.  L'évidence est qu'aujourd'hui, les destins de tous les Pays Européens sont liés, et ce qui ferait le malheur des uns ferait obligatoirement le malheur de tous.
Qu'un Pays, aussi puissant soit-il, veuille amener à résipiscence un ou plusieurs autres Pays en Europe est une vue de l'esprit, un délire dominateur qui ne conduiraient qu'au désastre. Qu'un Pays, persiste à imaginer asseoir sa puissance sur la faiblesse des autres n'est que folie menant aux pires calamités du siècle passé.

Les pères de l'Europe, au sortir de la guerre, ont senti et voulu cette impérieuse nécessité de fondre ce continent en un bloc homogène et solidaire, en créant la CECA. Ce charbon et cet acier qui autrefois n'étaient que sources de rivalités guerrières devenaient grâce à cet organisme communautaire, des matières premières gérées et réparties solidairement .
                Aujourd'hui, on n'a pas le choix. L'Europe et la paix se construiront à partir de nos Etats Nations, tous interdépendants et décidés à constituer un ensemble  équilibré, solidaire, homogène et prospère dans toutes ses parties, capable ainsi de projeter son génie et sa culture millénaire sur le monde.

samedi 19 mai 2012

Eléments de langage abscons

 
Madame Merkel nous l' impose : " La croissance..? D'accord, mais uniquement par des réformes de structures."
REFORMES DE STRUCTURES !!!…Comme cela sonne bien….
Autres formules à la mode :
ASSOUPLIR LE MARCHE DE L'EMPLOI.!!!…ou encore,
AMELIORER LA COMPETITIVITE !!!…qui semblent promettre le paradis….

Ainsi , les électeurs de base, sans diplôme d' HEC ou de l'ENA, pourront applaudir ou se scandaliser selon leur sensibilité politique, en faisant mine d'avoir tout compris.
Mais, les adeptes du langage clair et simple, préfèreront les traductions qui en sont données ci-dessous :
"Réformes de structures", ou,
"Assouplir le marché de l'emploi",et
"Améliorer la compétitivité", tout cela signifie :

1. Faciliter les règles du licenciement des travailleurs, sans indemnités.
2. Réduire les salaires des ouvriers, des employés, des travailleurs .
3. Réduire les retraites des travailleurs.
4. Réduire drastiquement les couvertures sociales du peuple.
5. Réduire les impôts des entreprises.
6. Favoriser les entreprises en réduisant leurs charges sociales.
7. Favoriser les embauches en CDD à salaires inférieurs au SMIC, ou avec chômage partiel.
8. Placer les emplois français en concurrence face aux emplois chinois.
9. Laisser s'effectuer les délocalisations des entreprises vers les Pays à bas salaires.
10. Ne pas contrarier les moyens d'évasion fiscale des fortunés et des entreprises.
11. Ne pas appliquer de taxation sur les transactions financières.
12. Ne pas gêner les banques dans leur ingénierie financière, leur
créativité en produits nouveaux, et les laisser jouer avec l'argent des déposants.

Evidemment cette liste n'est pas exhaustive, mais elle traduit, dans sa nature, ce que les malins veulent cacher sous des formules volontairement absconses , qui signifient toutes, brièvement, " TOUT CE QUI SOULAGE LE CAPITAL ET PESE SUR LES TRAVAILLEURS ". Les docteurs du capitalisme-financier, propagandistes de la pensée unique néolibérale appellent cela : " LA MODERNITE ".

mercredi 18 avril 2012

Croissance et consommation...Problème d' Energie de demain.

De demain ? Non !!!…L'énergie est le problème immédiat, d'aujourd'hui...... Les Hommes ont vécu, à travers les âges, améliorant sans cesse les conditions de leur existence, sans même se poser la question de ce qu'ils consommaient pour cela. De l'eau ? La belle affaire !…Il n'y a qu'à aller en puiser à la rivière. De la nourriture ? L'homme, comme tout animal, chassait et pratiquait la cueillette avant de se livrer à la culture. Du feu ?…Mais il n'y a qu'à aller couper du bois , pour cuire le gibier, pour se chauffer si le froid survient….
Et puis on a inventé toutes sortes d'outils pour améliorer la vie. Et des malins ont créé des ateliers , des bureaux, pour y installer, y regrouper des femmes et des hommes chargés contre quelques avantages en nature ou plus tard contre des pièces de monnaie, de fabriquer ou produire en série des machines ou des documents grâce à des procédés très compliqués, sophistiqués,destinés à améliorer ce qu'on appellera bientôt "la productivité"….Et ainsi, l'Homme a prospéré, sa vie est devenue meilleure , plus facile, sa longévité a crû, sa consommation d'objets et produits divers pour se nourrir, pour se vêtir, pour se loger, pour se déplacer, pour se divertir, et même pour travailler ou faire travailler les autres, bref, pour améliorer encore et toujours la douceur de son existence, ou adoucir ses rugosités…..Mais le gros problème s'est très vite imposé : l'énergie, dont on avait un besoin en quantités de plus en plus énormes au point que son manque risquait d'interdire toute activité, et même toute survie…. Car tout ce que l'Homme fabrique réclame de plus en plus d'énergie.....

Les années , les siècles passèrent. L'intelligence humaine s'exerça, les inventions, les recherches, les explorations apportèrent des ressources et des machines nouvelles, charbon, gaz, pétrole, et puis un énorme bond supplémentaire dans l'ingéniosité et le merveilleux, l'uranium, le plutonium et les centrales atomiques, combles de la puissance, qui semblaient pouvoir donner aux Hommes une source d'énergie infinie, économique et sans pollution environnementale, du moins le croyait-on jusqu'au terme du vingtième siècle. Depuis, le mirage atomique s'est effacé. Quelques accidents dramatiques sont venus calmer notre fierté et nos merveilleuses perspectives d'énergie indéfiniment abondante et peu coûteuse. A leur tour les ressources minérales fossiles se sont raréfiées, conséquence d'une extraction et d'une consommation exagérées qui ont fini par montrer leur caractère fini, provisoire, et très bientôt épuisé…..On a, un temps rêvé d'échanger le procédé atomique de la fission par celui de la fusion. Théoriquement, c'est possible. Mais hélas, de la théorie à la mise en œuvre industrielle, la technologie n'est pas prête et oppose encore des blocages interdisant toute perspective heureuse avant au moins cinquante ans, si ce n'est un siècle. Iter, le projet fusion "prototype demi-grandeur" en construction en Provence, ne dit rien d'autre, hélas.
On en est là. Quelle nouvelle énergie pour demain ? Sera-t-elle stockable ? Nous sera-t-elle fournie en quantité infinie ? Et quels seront réellement, demain, nos besoins d'énergie, sous quelle forme, en quelle quantité ? Les énergies renouvelables, du vent, de la houle, du soleil, sont réelles, leur production réalisable, on sait faire, mais cette production à grande échelle, pour des besoins de grandes puissance et quantité, pose des problèmes de production de masse , de transport et d'entretien, qui n'ont pas encore été bien réfléchis et intégrés au schéma industriel actuel.
A ce grand problème vient s'ajouter celui de la crise qui nous attaque durement : crise de la dette, de l'Euro, des déficits, de la mondialisation et ses aspects de libre concurrence "très faussée" qui plombe l'économie et l'avenir de plusieurs Pays d'Europe, et en particulier la France. Le Candidat PS à l'élection présidentielle, a bâti son projet sur la base d'une justice sociale à respecter dans l'équilibre "recettes / dépenses" de l'Etat, mais à la condition que le projet Européen introduise dans les perspectives des traités Européens à ratifier, un fort engagement pour une croissance économique, sachant que seule une telle croissance peut apporter à un gouvernement les recettes fiscales utiles, suffisantes et nécessaires .

Cette affirmation et ce souhait que chacun peut approuver, nous amène à trois réflexions:
1. La croissance se décide-t-elle par décret ? Il semble plutôt que ce soit l'aboutissement de conditions plus fondamentales qu'il convient de satisfaire auparavant, avant de l'obtenir. Par exemple : la recherche, les inventions, créations, financements, productions, mises en vente des produits nouveaux, publicité, exportation, service AV, ETC….
2. Augmenter la croissance dans nos Pays, s'accompagnera d'une croissance deux ou trois fois plus importante dans les Pays émergents. Aujourd'hui, si notre croissance atteint avec peine 1%, celle de nombreux Pays émergents atteint 5, 7, voire 8 ou 10%. A ce point du constat il faut savoir qu'augmenter la croissance de 2 ou 3% par an dans le continent Européen, qui est la force économique mondiale la plus importante , cette augmentation de croissance signifierait un doublement de la quantité d'énergie consommée en une trentaine d'année….On voit là, le mur qui se présente. L'espoir d'une telle croissance , devient vite une aberration face à la crise de l'énergie à laquelle nous sommes dès maintenant confrontés. Serons-nous suffisamment puissants et inconscients, pour imposer au monde un tel prélèvement d'énergie fossile pour satisfaire égoïstement nos seuls besoins Européens ?. Et le monde nous le permettrait-il ?……
Quant aux économies volontaires d'énergie, elles ne seront jamais à la mesure du suffisant ou du nécessaire. Et puis, celles qu'on imposera, on les fera payer au pauvres et aux classes moyennes. Là encore, les privilégiés seront dispensés de l'effort.
3. Enfin, il est une règle strictement arithmétique qui dit qu'à population en âge de travailler égale, si l'on augmente la productivité du travail, et si le temps de travail légal reste constant, on augmente ipso facto le chômage. Ce qui accroît du même coup la pression sur les salaires de ceux qui ont le bonheur d'avoir conservé leur emploi.... Ainsi va l'ordre du monde dans une société capitaliste-financière pour qui seuls comptent les profits égoïstes des financiers, et qui se contrefiche des souffrances et des malheurs qu'elle peut engendrer pour tous les "laissés-pour-compte" de plus en plus nombreux. Ce déséquilibre injuste pour les salariés ne pourra se corriger que par une diminution drastique de la durée légale du travail, (tendre obligatoirement vers les trente deux heures hebdomadaires en quatre jours, comme des entreprises nombreuses l'ont déjà fait en France et en Allemagne), seul moyen de réduire le taux de chômage artificiellement et injustement créé.

---- Un livre à lire : "La grande régression" de Jacques Généreux. Ed. Points.

mardi 10 avril 2012

Réinventer la Politique.

-Voulez-vous savoir pourquoi J.L.Mélenchon a du succès ?
-Tout simplement parce qu'il n'entre pas dans le jeu des journalistes-économistes grandes Stars des écran TV, qui ergotent durant des heures à critiquer les programmes des candidats à 10 Euros près sur les dépenses et puis à 10 Euros près sur les recettes, toutes ces choses qui seront contredites par les aléas qui vont nous assaillir dès le courant de 2012. Des heures de télé passées à lasser les chaumières par des arguments souvent fallacieux longuement chiffrés,(pour faire sérieux), et qui à l'usage se révèleront n'être que monuments de stupidités fantasmées.
Alors, le voilà, le succès de Mélenchon : IL EST EN TRAIN DE REINVENTER LA POLITIQUE. LA VRAIE. SON DISCOURS PROMET DE RENDRE LE POUVOIR AUX ELUS DU PEUPLE, ET DE SOUMETTRE LES FINANCES AUX BESOINS DE L'ECONOMIE REELLE, CELLE QUI FAIT VIVRE LES HOMMES, LEURS FAMILLES, ET PERMET LE PROGRES.
-PROGRES....Ce mot a même disparu de tous les vocabulaires, (politique, social), car il est devenu trop coûteux, on ne parle plus depuis 10 ans que de travail trop cher, de compétitivité à retrouver, de salaires à juguler, de limiter les prestations de sécurité sociale, de plans de rigueur pour les travailleurs, afin d'effacer la dette que les financiers ont creusée.

- A contrario, J-L Mélenchon dit simplement :
--Le peuple souverain a été trahi par ses gouvernements de droite, qui ont laissé les "marchés" imposer leur dictature.
--Les financiers et leurs complices, ont tué la démocratie.
--Les financiers se gavent , écrasent et ruinent l'économie réelle.
-- Les banquiers utilisent l'argent mis en dépot chez eux, à des fins de spéculations.
-- Ces spéculations s'exercent même au dépens des Etats.
-- les agences de notation, augmentent opportunément pour les financiers, les taux d'emprunt que les Etats doivent payer sur les obligations émises.
-- Le gavage des financiers se traduit inévitablement par l'augmentation de la dette des Etats, qui devront imposer à leur peuple des plans de rigueur successifs sans fin.

Voilà ce que dit J-L Mélenchon, clairement, simplement. Il dit aussi que ce jeu de "perdant-perdant" qu'on impose au peuple, doit cesser. Et que la souveraineté du peuple doit être restaurée. Il dit aussi :
- Que la démocratie revive...Que les élus du peuple fassent leur travail, fassent les lois utiles, qui servent le peuple, et non plus la finance, instaurent l'égalité, la justice, dans une République sociale retrouvée.
Le PS et F. Hollande doivent entendre ce message, pour gagner en Mai 2012.