jeudi 15 novembre 2012

La finance en guerre contre les travailleurs

          Le néolibéralisme financiarisé, mondialisé, globalisé, a étendu son emprise sur le monde, et sa domination totalitaire s'exerce à la fois sur les travailleurs, mais aussi sur les conditions démocratiques par lesquelles ceux-ci défendent leur liberté et leurs conditions d'existence. En clair, voici ce qu'est le combat de la finance : d'abord affaiblir les Etats dans leur expression décisionnelle démocratique, puis obtenir l'affaiblissement de toute défense du monde du travail, par la création d'un chômage de masse, là où les travailleurs ont les salaires et les couvertures sociales jugées, par elle, trop élevées.
           Les financiers, pour maintenir ou augmenter leurs "retours sur investissements", ont besoin d'une structure mondiale. Ce sera l' OMC qui assurera la bonne définition et le contrôle des règles et normes qui doivent autoriser strictement et rigoureusement en toutes circonstances, et partout, la libre circulation des marchandises et des capitaux. Ainsi, les financiers ont-ils constitué une armée d'oligarques dans le monde, et dans tous les Pays, personnages très riches et puissants, se connaissant et se fréquentant, capables par leurs contacts, d'apprécier le bon fonctionnement de la "machine à sous" et de veiller à l'excellence des bénéfices tirés, soit sur les entreprises elles-mêmes , soit sur les "marchés", et même sur les Etats.
          En outre, cette armée d'oligarques tient à sa disposition des bataillons nombreux et efficaces de cols blancs dévoués, dans les grands corps internationaux de gestion économique, d'évaluations, d'estimations, tels que l'ONU, l'UNESCO, l'OIT, l'OCDE, CNUCED, la Banque mondiale, le FMI, l'OMC bien sûr, le personnel cadre des grandes diplomaties mondiales, la BCE et les banques centrales des principaux Pays, les grandes compagnies d'assurances, etc…Tout ce personnel, se connaît, se fréquente, et partage l'ensemble des idées de leurs maîtres, desquels ils reçoivent revenus et avantages exceptionnels pour services rendus. ( voir le livre de Daniel Cohen, "l'Homo Economicus".)

          Il est maintenant évident pour tous que le pouvoir politique est soumis à cette oligarchie financière mondiale. Le but de celle-ci, par l'entremise de ses fonds d'investissements ou de pensions, de ses banques, des PDG d'entreprises, des actionnaires et leurs conseils d'administration, est d'augmenter ses "retours sur investissements", et, pour cela, de soumettre les travailleurs salariés au risque majeur du chômage de masse.
          Productivité, compétitivité, flexibilité, robotisation, informatisation, délocalisation, management moderne par le stress, attaque des trente cinq heures, tout est mis en œuvre dans un seul but : sortir le maximum de travailleurs du monde du travail, grossir le plus possible le chômage de masse. Celui-ci est devenu en effet, et de manière évidente un objectif, afin d'imposer par la peur aux travailleurs restés en poste, la soumission, la productivité la meilleure, les salaires les plus bas, la diminution des couvertures sociales, et d'obtenir des Etats la prise en compte de toute la souffrance et de toute la misère, qui accompagnent cette politique,  " "véritable guerre déclarée par la finance au monde salarié ".

          Cette guerre, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'engendre que faiblement la solidarité dans le monde du travail. Malheureusement, en effet, il semble que chacun se courbe et s'échine pour éviter d'être repéré comme élément séditieux ou faible, et être promis à la prochaine charrette pour le Pôle-Emploi. C'est le "sauve qui peut". Dans cette lutte contre le capital-finance, et pour le maintien de son emploi, chacun accepte assez bien que les syndicats ne s'investissent pas davantage pour un combat commun dans la solidarité. Chacun sa clientèle. C'est le chacun pour soi. Partout. La guerre de tous contre tous….: Le rêve pour la finance et les actionnaires. Mais…Quand ils auront vendu ou délocalisé tous les bijoux du monde industriel, ils passeront au "tertiaire". La récolte se poursuivra.

          Notre industrie qui a perdu 750.000 emplois ces dix dernières années, notre commerce extérieur, qui a accusé 70 milliards d'Euros de déficit en 2011. La faute à qui ? Bien entendu, les communicants de la pensée unique le savent : c'est le résultat de ce fameux manque de compétitivité. La faute de ces salaires trop élevés, de ces charges sociales trop lourdes…. Alors, les capitalistes-financiers exigent de l'Etat des crédits d' impôts, et les obtiennent sans engagement formel d'aucune contre-partie. Voilà encore l'effort demandé aux contribuables….comme toujours. Et ça marche….
          Mais on pourrait en bonne logique poser le problème du manque de compétitivité de notre production de manière différente : pendant que notre commerce extérieur se dégradait, comment les actionnaires ont-ils exercé leur responsabilité ? Dans leurs conseils, les administrateurs si qualifiés et si bien rétribués ont-ils conseillé à leurs mandants, des investissements afin de développer la recherche sur des produits vendables? Ont-ils demandé ou exigé des actionnaires des investissements pour l'innovation ? NON ! Rien de tout cela. Il a fallu que ce soit l'Etat qui mette en place une formule de crédit d'impôt pour la recherche. Les actionnaires se sont contentés de percevoir les dividendes. L'actionnaire d'aujourd'hui ne prend plus de risque, celui-ci doit être assumé par le contribuable. Monde idéal et béni pour le financier !!!

          Aujourd'hui, la guerre antisociale est arrivée à un tel paroxysme en France et en Europe du sud, qu' il n'est pas insensé de prévoir une révolte violente des classes populaires. Ce jour-là, il y aura beaucoup de monde aux fenêtres pour saluer cette revanche, ce sursaut de dignité d'un peuple de sacrifiés qu'on aura trompés, malmenés , martyrisés aussi pour nombre d'entre eux. Ce jour-là, il y aura aussi, des très riches aux grandes fortunes indûment amoncelées qui devront courir tremblants, se cacher dans leurs paradis fiscaux.
          Il y aura aussi, ce jour-là des élus cachant leur visage, lorsqu'on leur rappellera leur minable défense, invoquant l'impossibilité de connaître le peuple des villes et des régions, quand il s'était agi de limiter leur fonction élective à un seul mandat. Ce jour-là, le peuple ira également à eux, criant ses doléances, pour se faire bien connaître.

Livres: "Homo économicus" de Daniel Cohen.
            Et "Le nouveau gouvernement du monde" de Georges Corm.

mercredi 24 octobre 2012

"On" tue l'Europe.

            Qui est ce "On" ?… Chacun voit bien que le blocage mortel qui étouffe l'Europe vient de Madame Merkel dont la poigne de fer, crispée, tenant fermement la BCE, refuse que la moindre solidarité s'exprime en direction des Pays du sud Européen. Son intransigeance ne permet dans ces Pays, aucune croissance économique leur permettant d'entrevoir dans un avenir visible, une réduction sensible et significative de leurs déficits et de leur dette souveraine. Ces Pays restent donc voués à supporter cures de rigueur après cures d'austérité et ceci dans une cascade ininterrompue menant à la récession assurée provoquant encore l'augmentation de la dette et plongeant les travailleurs de ces Pays dans un chômage record , et leurs familles dans l'angoisse et la misère.
            Comment Madame Merkel peut-elle ne pas voir cet effondrement se produire et bientôt entraîner les révoltes les plus désespérées. Tous les Pays du sud, Grèce, Portugal, Chypre, Espagne, Italie et France demain, sont prêts à perdre toute confiance et à se détourner de cette Europe qui avait tant enthousiasmé les générations précédentes. Où sont les nouveaux projets Erasmus ?….Les coopérations techniques et industrielles comme Airbus-EADS ?…Nous restons aujourd'hui sur le seul résultat mercantile du "chacun pour soi", du "tous contre tous" qui satisfait si bien les banques et les fonds spéculatifs mais désespère les "laissés pour compte", les faibles, les chômeurs sacrifiés à toutes leurs combinaisons financières.
            Dans cette Europe mercantile, où trouve-t-on le projet d'harmonisation économique , fiscale, et sociale ? Où sont-ils les projets sérieux et efficaces de régulation des flux financiers et d' interdiction des transferts vers les paradis fiscaux ? Non, décidément , l'Europe qu'on nous prépare n'est pas celle que nous souhaitons. Il faut que Madame Merkel desserre son poing crispé sur la BCE et que le Président Hollande lui fasse fermement entendre la volonté et les souhaits des Pays du sud. Les responsables Européens doivent prendre conscience de la renaissance des nationalismes . Qu'ils se souviennent , comme l'a dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, que ce n'est pas l'inflation qui amena Hitler au pouvoir, mais le chômage et la misère.
            Durant cette phase périlleuse pour l'Europe, a-t-on entendu Mr. Von Rumpuy ? Mr.Barroso ? Mme Ashley ? Cette dernière a-t-elle défendu l'Europe lorsque Mr. Cameron, Premier ministre de Sa Majesté , déroulait, impudent, le tapis rouge sous les pieds des chefs d'entreprise français désireux de s'évader fiscalement au Royaume-Uni ? Non, décidément, il y a des Commissaires qui laissent filer leurs responsabilités européennes au fil de l'eau. L'Europe se noie dans l'idéologie néolibérale la plus stricte et la plus inhumaine , cadenassée comme une bureaucratie soviétique, et dominée par le visage fermé et buté de Madame Merkel .

            Si nous sommes sévères dans nos critiques aujourd'hui, c'est que nous sommes profondément Européens et qu'il nous est pénible de voir se déliter un merveilleux projet que des efforts de soixante ans ont mené à bien, jusqu'à cette crise venue des USA en 2008. Les nationalismes qui se lèvent risquent de faire ressurgir des conflits et des rancoeurs que le travail des générations passées croyaient avoir enterrés à jamais.
            Qui porte aujourd'hui ce grand et magnifique projet d'un avenir Européen solidaire et harmonieux pour la jeunesse ? Où sont les Pédagogues d'une Citoyenneté Européenne ? Qu'en dit le Parlement de Strasbourg ? Exige-t-il sa part de responsabilités démocratiques ? Réclame-t-il le pouvoir de contester les décisions de ces Commissaires de Bruxelles, non-élus, transparents et sans voix ?
            Les silences des uns et les obstinations butées des autres risquent de porter devant l'Histoire la responsabilité d'un échec monstrueux, celui de l'Europe, si rien ne vient corriger très vite ce glissement de l'édifice vers sa ruine.

(Remarque: On apprend aujourd'hui que l'Allemagne gèle le versement de la 2ème tranche d'aide au financement de l' A350, soit 600 Millions d'Euros,alors que les autres participants à Airbus ont déjà versé leur quote-part. Voilà un épisode qui rappelle tristement le " I want my money back " de Mme Thatcher. L'autoritarisme s'épanouit.)





dimanche 7 octobre 2012

Erreurs de castings et autres faiblesses



          Dans toutes les périodes de grands troubles, sociaux ou économiques, la Société Française d'abord patiente et légitimiste, finit, si les difficultés persistent, par se montrer impatiente et très vite, manifeste son exaspération et son rejet. On en est là aujourd'hui.
          La crise de 2008 dure et perdure sans que l'on voie l'ombre d'une solution radicale se profiler. Pire, tous les analystes économiques s'accordent à dire que l'année 2013 verra s'enfler le chômage dans des proportions inédites encore, du fait d'un projet de budget établi avec une croissance trop optimiste de 0,8% du PIB. Cette déferlante de chômage arrivera accompagnée de son cortège habituel et désolant d'angoisses, de misères et de désespoirs.

          Dans ces périodes de grands troubles, il faut nécessairement de fortes personnalités, au charisme mobilisateur, au caractère bien trempé, déterminé, courageux et prêt à se confronter sans faiblesse à tous les aléas, à toutes les oppositions quelles qu'elles soient. Seul compte à cet instant pour le Président, le Premier Ministre ou le Guide qui a été investi de l'autorité et du devoir de réussite, l'objectif à atteindre. Ce fut le cas historique du Général De Gaulle qui annonça sans détour et sans faiblesse que la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille. C'est ça le courage.
          Aujourd'hui, hélas, on observe un exécutif tâtonnant, hésitant, corrigeant ses déclarations fausses ou imprudentes, sur des sujets très divers mais néanmoins importants comme les nouveaux impôts et ceux qui y seront soumis, la CSG, la séparation des activités des banques, la renégociation du traité budgétaire européen, l'impôt sur les plus-values de revente des sociétés (affaire des pigeons) etc….

          On en vient maintenant plus précisément aux erreurs de "castings".
Le code des impôts Français est un monstre qui détient très vraisemblablement le record du monde de la complication inextricable avec, de plus, 250 niches fiscales au moins, qui forme un ensemble inespéré sur lequel les grandes fortunes et les grandes Sociétés industrielles et commerciales, peuvent, avec l'aide très onéreuse de conseillers fiscaux, trouver une "optimisation" à leur contribution fiscale, et même, souvent, faire quelques transferts discrets vers des paradis fiscaux. Ces Paradis dont on nous avait promis la suppression pure et simple !!… On voit aujourd'hui que la grande révolution fiscale que laissait espérer la belle étude de Thomas Piketty et ses co-auteurs Saez et Landais, n'est pas pour demain,...Par manque de courage et d'ambition. Les tricheurs peuvent continuer à s'enrichir en volant l'Etat et les Français. Eux seuls sauront lire ce monument appelé "code des impôts", que notre Ministre du budget Jérôme Cahuzac s'attache à compliquer encore. Voilà pour la première erreur de casting.

          La deuxième erreur de "casting" que je voulais signaler est celle de la Ministre de la réforme sociale, de la décentralisation et de la fonction publique. Quand on survole le livre de René Dosière , voyant tout l'argent qu'il y aurait à gagner en rationalisant les services, en supprimant tous les doublons, en simplifiant ce mille-feuille imbécile de strates bureaucratiques allant de la Commune Paysanne de 250 habitants, à la Région Ile-de-France, en passant par toutes sortes de Cantons , Intercommunalités, Départements, Métropoles Régionales, Régions, tout cela avec des statuts et missions très fluctuants n'obéissant à aucune rationalisation bien évidente, et en tout cas, généralement inconnus du Citoyen.
          Là encore, sans faire de jugement téméraire à l'encontre de la Ministre Marylise Lebranchu, on comprend que pour refondre tout ce méli-mélo pyramidal, il y faudrait un Super-Ministre, gros bras, fortement structuré et charpenté par une exceptionnelle autorité, sachant braver et dépasser tous les petits intérêts particuliers des centaines et des milliers de conseillers élus, chacun prêt à défendre pied à pied sa place et son petit privilège, tous prêts à recourir à l'arbitrage de toutes les hiérarchies possibles. Sans mal et sans risques, on voit d'ici les retards provoqués et les divagations apportées à cette réforme et ses simplifications , qui pourtant, compte tenu des économies promises qu'elle porte, reste impérative. ( en anecdote cet exemple de collectivité locale qui a été contrainte de désigner quarante Vice-Présidents.!!!)On en restera vraisemblablement sur ce point, à une mini-réforme, par manque de courage et d'ambition.

          Le troisième point sur lequel on peut réfléchir est le ministère tenu par Michel Sapin. De nombreux analystes s'accordent à observer, je l'ai dit plus haut, que la prévision de croissance prise pour construire le budget 2013, soit 0,8% du PIB, était trop optimiste et qu''il fallait s'attendre à une explosion du chômage à la fin de cette année 2013, contrairement à ce qu'a annoncé Le Président Hollande. A plus long terme, de nombreux analystes, de droite comme de gauche s'accordent à dire que le partage du travail deviendra nécessaire. Faudra-t-il dire ,un jour, aux grands stratèges néo-libéraux : " Vous n'avez pas aimé les trente cinq heures, nous allons faire " les trente deux heures en quatre jours". Pierre Larrouturou dans son livre en a parlé et ce système "trente deux heures sur quatrejour" existe déjà dans certaines entreprises Allemandes et même Françaises. Pierre Larrouturou aurait dû figurer au cabinet de Michel Sapin. Là encore, il n'y aura, (nous en avons peur), ni courage, ni ambition. Dommage, car les attentes sont grandes....



dimanche 16 septembre 2012

Maintenant ....C'est quand ?

           Lors de son intervention du 09/09/12, sur TF1, le ton du Président a été notablement corrigé, rendu plus mordant, plus volontaire. Mais, à part la promesse de l'inversion de la courbe du chômage, on est resté sur sa faim. Hors les contrats de génération insuffisants, on ne voit pas ce qui pourra créer une vraie relance de l'économie, et cette inversion.

           J'en reviens au problème du logement. Une vérité de l'économie réelle, devenue proverbe dit : " quand le bâtiment va, tout va !" Alors , il fallait d'urgence décréter le doublement du plafond des livrets de Caisse d'Epargne, sans tergiverser et se lancer dans un programme national de libération des terrains , de démolitions de taudis insalubres, de mise sur pied de programmes de construction volontaires , et tout d'abord , dans les communes très loin du quota de 20% de logements sociaux rendus légalement obligatoires depuis longtemps, (quota passé à 25% depuis peu.) fusse par le recours à l'expropriation pour cause d'utilité publique. Ce problème scandaleux doit être mené et résolu comme une GUERRE !
          Oui, il ne sert à rien de venir verser des larmes de crocodile sur les morts dans les incendies de taudis qui se produisent régulièrement, alors que l'on assiste à une inaction obstinée de tous les gouvernements et de tous les ministres en charge du logement depuis 60 ans. Car cette crise honteuse du logement dure depuis 60 ans en France. Ce qui fit les affaires des fortunés qui ont pu spéculer sur ce manque, entretenu par l'inaction des vrais coupables : "Ceux qui avaient le pouvoir de faire et qui n'ont rien fait."
          Voilà, un programme que le Président aurait pu annoncer, avec , dans l'année, création de centaines de milliers d'emplois, en bureaux d'études, en chantiers de démolitions , et de constructions, avec des crédits pris sur les mêmes sources du Crédit Foncier et de la C.D.E.C. pour l'amélioration et l'isolation des bâtiments anciens et des constructions d' H.L.M.
          J'entends vos remarques : Ce n'est pas si simple, il n'y connaît rien, Il ne fait que proférer des YAKA.... Cette défense est pauvre et puérile, celle des impuissants.

          Je poursuis en précisant ce qu'on aurait aimé entendre :
          Sur l'ennemi, "la finance" : où en est le projet de séparation des activités d'affaires et de spéculation des banques, d'une part, de leurs activités de dépôt et de prêts à l'économie réelle, d'autre part ?
          Où en est la fermeture des transferts juteux qui s'opèrent avec les paradis fiscaux ?
          Où en est la mise en application de la taxe TOBIN sur toutes les transactions financières, avec un taux significatif ?
          Les "marchés" et les fonds spéculatifs ont accaparé des sommes énormes depuis la crise de 2007, On parle de 700 à 1000 milliards de Dollars, détournés et pris sur l'économie réelle. Que prévoit-on pour assécher cette fuite scandaleuse ? Que prévoit-on pour récupérer ces sommes d'argent volé ?
          Que fait-on pour interdire les "ventes à découvert" et les transactions haute fréquence, faites par des ordinateurs commandés par des algorithmes mystérieux ?
          Qu'en est-il de ces promesses, jetées au vent, de régulation de la finance folle ?
          Qu'en est-il de la concurrence mondialisée non faussée ? Alors que la réalité nous montre un appel d'offres relancé trois fois par les USA, jusqu'à ce que BOEING en sorte vainqueur, au détriment d' AIRBUS ( marché des avions ravitailleurs).
          Qu'en est-il de l'équilibre des transactions commerciales entre les pays, Chine et France ? Chine et Europe ? par exemple.
          Pourquoi, tout à coup, ce changement de langage, où au lieu de croissance, on nous reparle d'économies de l'Etat, d'augmentation d'impôts pour tous, d'économies sur la sécurité sociale ?
          Pourquoi avait-on aboli le mot "RIGUEUR", alors qu'aujourd'hui on exige des travailleurs flexibilité et compétitivité, ce qui signifie exactement la même chose : la "RIGUEUR" à exercer contre eux , jusqu'à l'abîme délirant et prévisible de la récession la plus profonde ?
          Pourquoi le pouvoir politique démocratiquement élu, se soumet-il toujours au pouvoir de la finance apatride et ses traders, comme le font les gnomes de Bruxelles ? Que devient la Démocratie , en France et en Europe ?
          Pourquoi l' Etat Français ne peut-il pas récupérer une bonne centaine de milliards d'euros sur tout l'argent volé par les "marchés", les fonds spéculatifs et les exilés fiscaux , depuis 2007 ?
          Quand la France osera-t-elle dire à Mme Merkel qu'il n'est pas bon d'exacerber l'hostilité de l'Europe du nord contre l'Europe du sud, que nous voulons une Europe solidaire, que nous la voulons prospère de manière juste et égale dans toutes ses parties, et que la BCE doit exercer un pouvoir de contrôle, de régulation et d'équilibre sur tous les intervenants financiers Européens, comme la FED Américaine le fait aux USA, pour le plus grand bien de tous les Américains qui supportent pourtant une dette souveraine exceptionnelle, une sorte de record du monde ?
          Quand la France osera-t-elle dire à Mme Merkel, comme le dit l'économiste Joseph STIGLITZ, prix NOBEL, "ce n'est pas l'inflation qui a porté HITLER au pouvoir, mais le chômage et la misère" ?

          Et, enfin, où sont les belles phrases qui enflammaient les foules au Bourget, et qui promettaient l'avènement de la justice, et de l'égalité ?
Qu'attend-on, enfin, pour répondre à toutes ces questions ?

          Attend-on, que déçu, désabusé, pressuré de rigueurs et d'austérités successives, le Peuple se rebelle, se révolte, s'enflamme et dresse sur toutes les places publiques des tribunaux populaires où s'exercera sa justice que la légalité républicaine et démocratique, lui aura si longtemps refusée ? Oui, il est temps de répondre à cette question :
MAINTENANT , C'EST QUAND ? Le Peuple n'attendra pas le dernier jour du Quinquennat, pour exiger réponses , et porter son jugement. Sans signal fort, déceptions et désaffection emporteraient, bien avant, tout espoir de gouvernement dans la durée, et sans doute aussi, l'unité du PS.



jeudi 6 septembre 2012

L'Europe de Mme Merkel ?... On n'en veut pas !!!



        Si la signature du TSCG, (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) signifie  poursuivre dans la voie d'une Europe où certains Pays seraient dominateurs , l'Allemagne étant son chef de file , et tous les autres Pays restant voués au mépris et à l'écrasement arrogant des premiers, cette situation appelée à s'éterniser durant les trente années à venir ? Non, Mme Merkel. De cette Europe nous ne voulons pas.

        Les exemples d'autoritarisme et de dictature politique et économique que vous avez connus dans votre jeunesse , doivent être oubliés. Nous considérons, nous, que la dictature de la finance occidentale d'aujourd'hui, n'est pas meilleure que celle des communistes sous Staline ou Brejnev. Elles produisent autant de malheureux et de sacrifiés, pour le seul profit d'une minorité insatiable, égoïste et cupide. Cette minorité qui prend l' Etat sous sa coupe, n'a pour seule morale que l'argent et le paraître qui lui procurent ainsi, "Puissance et Considération".

        Ce n'est pas là, la Société Européenne dont nous rêvons. Nous en sommes restés, nous, pauvres naïfs, au projet humaniste rêvé par De Gaulle et Adenauer, d'une Europe qui se souvient de ses drames passés du vingtième siècle. Partant de cette haute volonté, ils ont laissé se former dans les esprits de tous, un IDEAL. Celui d'une Europe solidaire où tous ses pays seraient également considérés, où toutes ses provinces bénéficieraient des mêmes attentions, des mêmes projets de développement et des mêmes protections sociales. La solidarité ne se partage pas : il n'y a pas celle entre les riches et celle entre les pauvres. Il n'y en a qu'une seule : celle qui s'impose entre tous les Européens et Européennes, citoyens égaux par nature.

        Nous répétons fortement : l'Europe des profiteurs , des spéculateurs, des cupides, des égoïstes, des voleurs qui se gavent au détriment des travailleurs, seuls producteurs de richesses, par leurs combinaisons et trafics malfaisants entre leurs "marchés" et les paradis fiscaux, NOUS N'EN VOULONS PAS !!!

        Le président Hollande a fait ajouter "de haute lutte", paraît-il, au traité RSCG, un volet croissance. Nous posons ces questions :
Combien d'argent exactement?
Pour faire quoi? Quels projets? Où?
Quand cet argent sera-t-il dépensé?
Combien d'emplois permanents induits? Où?
Ces quelques questions laissées sans réponse nous disent que rien n'est fait. Que ce ne sont que mots jetés au vent .

        D'une Europe de gens sans citoyenneté réelle, jetés les uns contre tous les autres, des gagnants écrasant les perdants dans un jeu aux dés pipés, nous ne voulons pas. Nous attendons et souhaitons une Europe au gouvernement démocratique, juste, où tous les Pays, toutes les provinces, tous les Européens seront également considérés et servis.

        Et puisque notre Ministre Vincent Peillon veut introduire à nouveau les notions de morale laïque dans notre enseignement, il serait urgent qu'il introduise ces cours obligatoires de morale dans les facultés et les écoles supérieures de commerce, de gestion et d'économie, qui en ont terriblement besoin. L'attitude et les comportements de nos chefs d'entreprises les plus élevés, et les économistes stars des écrans télé, témoignent d'un manque évident et cruel de morale chez cette population qui prétend pourtant au respect et souvent aux décorations.



jeudi 30 août 2012

Le changement... Les cent jours et l'ennui.



        Triste à dire, mais pourtant légitime : au temps de Sarkozy, c'était ou plus drôle, ou carrément plus révoltant. Le système néolibéral mondialisé était institué, avoué, promu, la politique fiscale et la rigueur appliquées aux plus nombreux ( c.à.d. les plus pauvres et les classes moyennes ) pour soulager les plus riches étaient reconnues, et nous pouvions nous en plaindre sans mollesse, avec toute la virulence souhaitable, avec au cœur et au ventre une énergie combative, farouche et vivifiante. Nous étions brimés, ignorés, mais vivants.!!!

        Aujourd'hui, plus de tumulte, plus de tempête, plus de brassages cycloniques de l'actualité politique, sociale ou économique. Rien que le calme inquiétant beaucoup plus que rassurant. On ne parle plus de rigueur, mais d'équilibre obligatoire des comptes sans que l'on sache comment et au détriment de qui se fera ce rééquilibrage. C'est une période où tout semble suspendu, silencieux, troublant et angoissant. On n'ose pas imaginer l'avenir, de peur qu'il ne soit douloureux.

        Après cette période survoltée du Sarkozysme, ce calme semble irréel, et rien pourtant ne nous autorise à envisager réellement les promesses du changement. Par exemple: prenons la révolution fiscale que nous attendions. Le choix de Jérôme Cahusac, ancien président de la commission des finances de l'ère Sarkozy, ne laissait pas augurer une révolution fiscale juste et lisible par tous telle qu'elle fut décrite par Thomas Piketty. Non, la réforme promise, pour autant qu'on puisse en juger aujourd'hui, restera mystérieuse pour le grand nombre des contribuables, et manifestement pleine de promesses pour les fortunes qui pourront comme par le passé faire "optimiser" leur contribution fiscale par des spécialistes, anciens hauts fonctionnaires de l'administration du budget. En somme, rien à attendre de juste ou réconfortant de ce côté-là. La fiscalité suivra son cours traditionnel: frapper les plus nombreux plutôt que les plus riches, mis à part quelques aménagements aux marges.

        Le calme règne….Nous pensions nous les naïfs que les lois, les décrets, les règlements allaient, en faveur des laissés pour compte de l'ère Sarko, pleuvoir dru comme les lois et décrets favorables aux riches tombaient chaque semaine sous l'ancien Président, eh bien, non ! Maintenant c'est la mesure, le raisonnable, il ne faut choquer personne, ne pas avoir l'air de se venger, de vouloir récupérer ce qui a été volé par les "marchés" et la spéculation.  Nous voici ramenés à l'époque de l'opposition tranquille, où il ne fallait pas brûler les étapes, où il fallait "respecter les échéances", et au nom de ces échéances , on se contentait d'un doux ronronnement, et de discours mesurés et mièvres.
        Nous y sommes revenus. Au temps du ronronnement. Ceux qui souffrent, qui ont souffert, peuvent encore attendre que les choses se fassent lentement, posément. L'urgence, la brusquerie c'était le temps de la satisfaction des riches. Le temps d'hier.
Dans notre Société Moderne et Policée on apprend dès le jeune âge :
- Qu'on ne fait pas attendre les riches.
- Que les pauvres peuvent attendre. Ils ont l'habitude.

        Ah ! quelque chose de nouveau !  La télé publique a fait l'acquisition durant le "mercato", d'un nouveau mais déjà bien connu économiste chargé de guider le peuple vers la raison de la pensée unique. Cette tête bien ovoïde, supposée bien remplie, n'enseigne pas au téléspectateur la nécessité de la "rigueur"; ce mot est interdit, il a compris que cela ne plaisait pas. Il enseigne aujourd'hui, la nécessité, pour nos travailleurs et nos entreprises, d'assurer une meilleure "compétitivité". Ce qui revient exactement au même, les travailleurs devront subir encore davantage de licenciements et ceux qui auront conservé leur emploi, devront subir des diminutions sur leurs salaires et sur leurs différentes protections sociales : Sécu, maladie, retraite, chômage, famille, logement aidé, services publics etc.. Voilà ce que sont aujourd'hui les nouveaux "inspirateurs" de nos Politiques, Stars de la COM. économique, "hauts salaires", dont la mission est de faire comprendre aux travailleurs qu'ils ne sont rien, qu'ils doivent se soumettre à la raison de ceux qui savent, et que l'avenir se fera sans eux, et même contre eux, s'il le faut.
Attention ! La déception et la désaffection guettent.

dimanche 26 août 2012

Ce Peuple et ses élus....souvent décevants !...

        On sait déjà, par quel système de communication bien réglé, les media et les gouvernements qui se sont succédés depuis trente ans ont fini par imposer la pensée unique du néolibéralisme financier mondialisé. Tous les Hommes plongés dans le même marigot du chacun pour soi , du tous contre tous, les travailleurs occidentaux obligés d'abandonner une partie de leurs salaires et de leurs protections sociales, professionnelles, médicales et familiales, obligés aussi de sacrifier leur savoir-faire, leur technologie, au bénéfice des populations d'Asie, au gré des délocalisations, tout cela organisé et mis en branle brutalement, sans souci de progressivité, pour satisfaire au plus vite les insatiables appétits des financiers apatrides.

        1. Face à cette attaque frontale et brutale, comment a réagi le peuple ? Seules, les populations de travailleurs des Pays du Sud-Européen ont protesté par des rassemblements "d'indignés", et montré leur écoeurement devant l'arrogance et l'omnipotence de la Finance mondiale, soutenue par des gouvernements indolents et complices.
En France ?... Rien du tout !!!…Pas d'indignés…. Seul, Stéphane Hessel, immense et haute figure morale française s'est exprimé fortement. Sa voix fut étouffée, hélas, par la proximité d'élections prometteuses de "changement". Triste temporisation qui aura servi d'encouragement aux forces du fric des fonds d'investissements , des banques, des "marchés" et leurs trafics avec les paradis fiscaux, libres de spéculer contre les Etats Européens.

        2. Contre cette mise en coupe réglée de l'économie Française, contre l'approfondissement de la dette de l'Etat, la destruction de l'industrie Française, la mise au chômage de centaines de milliers de Travailleurs Français, comment ont réagi les syndicats ?
        FO ? Essentiellement tourné vers la défense des fonctionnaires, et le problème N°1 étant celui du chômage, on comprend qu'il ne soit pas à la pointe du combat.
        La CFDT ? Voilà un syndicat qui depuis toujours s'est fixé un objectif préférentiel de cogestion ou, sinon, de compromis raisonnables avec les employeurs, (Etat ou patrons). Et l'on sait bien ce qu'aujourd'hui veut dire le mot " raisonnable". Cela veut dire ne rien obtenir, partant battu.
        La CGT ? Elle est engluée dans un problème de succession. Sa combativité et sa capacité d'entraînement sont largement réduites, en plus , par un problème d'effectif total des syndiqués, qui ne représentent en France que 5% des salariés, et par la division ou le morcellement des autres petites centrales syndicales.
        Enfin, il faut bien le dire, chaque mécontent en France , attend la solution à ses problèmes, de l'effort de contestation des autres, plutôt que par son engagement personnel. Triste, mais c'est ainsi.
Que penser aussi, de cette estimation rapportant que 40% des ouvriers votent à droite (et même FN )….Avez-vous entendu dire que 40% des patrons votaient à gauche ? A croire qu'il y ait comme un défaut cérébral quelque part….
        Pour clore ce paragraphe relatif aux syndicats, disons que leur secteur R.et D. est nul, inexistant. Leurs moyens de lutte en sont restés à ce qu'ils étaient au 19ème siècle, alors que les moyens d'oppression du Patronat se sont constamment développés et sophistiqués.

        3. Enfin, il y a les gouvernements (élus du peuple). Ceux d'hier, furent largement dominés par la volonté d'accéder aux désirs des financiers, banquiers, marchés et autres spéculateurs, étroitement "en affaires" avec les paradis fiscaux, lorsqu'ils étaient de droite, ou bien, furent paralysés par la conviction qu' ils "ne pas pouvaient pas tout", lorsqu'ils étaient de gauche.
        Plus récemment, un gouvernement avait trouvé une idée géniale en donnant aux entreprises des avantages spécifiques (crédit d'impôt recherche) pour celles qui développeraient des services de "R. et D."( recherche et développement). Rien à dire sur cette initiative louable. Oui, mais voilà,… On s'aperçut que les plus importants bénéficiaires de cette manne, furent les banquiers qui en profitèrent pour développer leur ingénierie financière et créer à tour de bras des "produits dérivés" complexes et des algorithmes aptes à assurer à leurs salles de marchés des outils capables de mieux spéculer contre l'Etat lui-même. Génial !!!…

        4. Et voilà pour en finir, un dernier point qui montre comment le peuple peut se montrer décevant. LES JEUX…. Ah, les jeux !!!… Qu'ils soient à gratter , à cocher ou de tout autre type, l'important est de jouer. Jouer pour avoir une chance sur plusieurs millions de gagner des millions d'euros. C'est vrai que c'est plus facile et mieux payé que le travail, sinon, le peuple ne jouerait pas, n'est-il pas ? Et lorsqu'un journaliste enquêteur interroge un joueur devant un bureau de tabac pour savoir l'utilisation qu'il ferait de ce gain fabuleux, le joueur répond: " je ferais des "vouâyâââges"…( comme ces croisières minables où l'on voit s'enfler d'orgueil et de plaisir des retraités argentés). Et puis, encore, pour parfaire le tableau : Voyez ces stades pleins à craquer de grands "sportifs" regardant courir des millionnaires Suisses ou Monégasques après un ballon….Ce sont ces mêmes Suisses ou Monégasques qui sont sélectionnés pour constituer "l'équipe de France" et en l'honneur desquels des organisateurs inconscients ou imbéciles font jouer La Marseillaise avant leurs match internationaux……Désespérant….Pauvre France….Réduite à honorer l'exil fiscal.

        Enfin, de tout cela, il nous faut tirer une petite conclusion, même si elle nous contrarie. Le Peuple, aujourd'hui, devant l'oligarchie mondiale qui le maltraite et le réduit à l'angoisse perpétuelle de la précarité ou du chômage, est soumis et dénué de toute velléité de combat, de réaction, de défense, montrant sa volonté de retrouver sa dignité . On est loin du Peuple de 1789 et 1793 . La nuit du 4 août, et autre sursaut historique, cela c'est le passé. Bien passé…… Evidemment, dans les syndicats, les partis de gauche, les associations, il y a toujours des militants (peu nombreux) qui luttent, qui souhaitent maintenir les valeurs de partage, de cohésion, d'humanité, de justice, et qui veulent empêcher que " la démocratie devienne conforme au marché", ainsi que le souhaite Madame Merkel. Mais ce combat trop minoritaire a peu de chance de déboucher victorieusement demain, s'il n'y a pas une volonté politique farouche, de "renverser la table" où s'empiffrent les financiers maîtres du monde.
        L'Etat peut tout !!!… Après avoir laissé faire le mal, il doit faire le bien.!!!!…
        Un Etat impuissant est un Etat complice.!!!..